Les nuages s’amoncellent au-dessus de Sainte-Sophie

16 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news
Mosaïque du "voyage à Bethléem".

Pour la première fois, le Conseil d’Etat turc est intervenu afin de rendre au culte musulman un sanctuaire byzantin d’Istamboul. C’est au président turc de trancher désormais, à un moment où le chef de l’Etat tente de remobiliser la base islamiste de son électorat.

« Un exemple à suivre pour Sainte-Sophie », titrait le 5 novembre 2019 le Yeni Safak, un journal quotidien islamo-conservateur. L’exemple en question est celui de l’église Saint-Sauveur-in-Chora, un sanctuaire byzantin construit au IVe siècle. 

Profanée après la chute de Constantinople en 1453, puis transformée en mosquée en 1511, l'église est devenue musée national par décision ministérielle du 29 août 1945. Bâtie au XIe siècle en forme de croix grecque, elle abrite une décoration unique de fresques et de mosaïques élaborée entre 1315 et 1321. Ces dernières, superbes, furent recouvertes de chaux par les musulmans, mais pas détruites. Elles peuvent à nouveau être admirées, depuis l’ouverture du musée en 1958. 

Avec l’arrivée au pouvoir de l’AKP, le Parti de la justice et du développement du président Recep Tayyip Erdogan, les islamistes ne cessent de réclamer le retour du culte musulman dans l’ancien sanctuaire chrétien, qu’ils ont rebaptisé la « mosquée Kariye ». En vain jusqu’ici. 

Mais un rebondissement risque de changer la donne. Le Conseil d’Etat turc a demandé l’abrogation de l’ordonnance de 1945 transformant Saint-Sauveur-in-Chora en musée, ainsi que sa réaffectation au culte mahométan. La décision a été transmise au cabinet du président qui doit désormais trancher sur la vocation de l’ancien sanctuaire byzantin. 

Cette affaire n’est qu’une étape pour les islamistes au pouvoir. Leur but assumé est de rendre au culte musulman la basilique Sainte-Sophie, lieu emblématique de la présence des « croisés » dans l’ancienne Constantinople. 

Sainte-Sophie - « Ayasofya » en turc - est devenue un musée en 1934, mais le quotidien Yeni Safak en est persuadé : le Conseil d’Etat pourrait fort bien agir une nouvelle fois afin de récupérer le sanctuaire consacré jadis à la Sagesse de Dieu. La vraie, celle qui s’est révélée aux hommes par Jésus-Christ Notre Seigneur.