Liban : les chefs religieux chrétiens s’inquiètent de l’appauvrissement du pays

14 Février, 2020
Provenance: fsspx.news

Au cours d’un sommet organisé à Bkerké à l’invitation du patriarche maronite, Mgr Bechara Boutros Raï, les patriarches et chefs des Eglises chrétiennes orientales ont insisté sur la nécessité de remédier à la crise financière et socio-économique qui secoue le pays. Les patriarches grec-catholique, syriaque-catholique, syriaque-orthodoxe, arménien-catholique, ainsi que le catholicos arménien et divers évêques, ont pris part aux débats le 28 janvier 2020. 

Ces responsables religieux ont exprimé leur soutien aux manifestants pacifiques qui réclament des réformes, mais ils ont clairement condamné le chaos dans les rues et sur les places, notamment à Beyrouth.

Le quotidien francophone L’Orient-Le Jour fait état d’un nombre de plus en plus élevé de « personnes nécessiteuses » qui viennent « demander de l’aide dans les paroisses », qui n’ont pas toujours les moyens de répondre aux sollicitations. Dans les supermarchés, les prix augmentent tandis que l’accès à la santé est de plus en plus difficile. Le nombre des sans-logis s’accroît, les gens ne parvenant plus à payer leurs loyers, un phénomène perçu notamment dans les zones les plus pauvres de Tripoli, la deuxième ville du Liban, à 85 kilomètres au nord de Beyrouth.

D’après une étude de la Banque Mondiale, la pauvreté a augmenté de 60% au Liban, ces cinq dernières années. Aujourd’hui, un Libanais sur trois déclare avoir des difficultés à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. L’Etat serait à la recherche d’un prêt de 4 à 5 milliards de dollars, afin de financer l’achat de produits de première nécessité. 

« Le pays est quasi en état de cessation de paiement », analyse l’économiste Samir Aïta, président du Cercle des économistes arabes, sur TV5monde. Le Liban croule en effet sous une dette de plus de 86 milliards de dollars, soit un peu plus de 150% du PIB.