Netflix : le culte de la rentabilité aux dépens de l’objectivité

07 Septembre, 2019
Provenance: fsspx.news
L'acteur américain Anthony Hopkins dans le rôle de Benoît XVI.

La renonciation du pape Benoît XVI et l’élection de François au souverain pontificat ont inspiré la production d’un film mélodramatique en format numérique, disponible dans les tous prochains mois.

Selon le Dictionnaire d’Oxford, la “post-vérité” désigne tout contenu se référant « à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles ». Pour le dire autrement, dans cette “post-vérité” la vérité objective n’est plus la valeur de base, les faits ne sont plus fondamentaux, laissant la place à d’autres critères subjectifs - émotions, etc. - à visée idéologique, ou simplement mercantile. 

Une belle illustration de ce glissement est donnée par l’entreprise américaine Netflix, qui, le 29 août 2019, a mis en ligne sur son site officiel la bande-annonce d’une œuvre de fiction à gros budget, intitulée « Les deux papes ». 

La première projection du long-métrage est programmée lors du 44e festival du film de Toronto (TIFF) qui se tient du 5 au 15 septembre 2019. Pour les abonnés à Netflix, il faudra attendre le mois de décembre : mais, comme on va le voir, on ne perdra rien à éteindre son écran.

L’action se déroule en effet de 2012 à 2013, durant la période qui précède immédiatement la renonciation de Benoît XVI, un « moment charnière dans l’histoire de l’Eglise catholique », explique Netflix. 

Qu’on ne s’attende pas à trouver une enquête minutieuse et factuelle sur les événements qui ont mené à l’élection de François. Netflix, dans un communiqué publié le 23 juillet 2019, annonce la couleur : 

« Frustré par la direction que prend l’Eglise, le cardinal Bergoglio demande en 2012 au pape Benoît l’autorisation de renoncer à ses fonctions. Mais le méditatif pape Benoît, confronté aux scandales et doutant de lui-même exige de son très critique futur successeur à Rome, qu’il révèle un secret de nature à secouer les fondations mêmes de l’Eglise catholique ». 

Secrets, révélations, scandales... La recherche du sensationnel à tout prix est censée montrer « une lutte entre la tradition et le progrès, la culpabilité et le pardon, et deux hommes très différents qui se confrontent à leur passé afin de trouver un terrain commun pour reconstruire l’avenir pour un milliard de fidèles à travers le monde », comme l’annonce Netfllix. 

L’Eglise n’a pas attendu la reconstruction cinématographique de Netflix pour traverser deux mille ans d’une histoire plus que mouvementée ; on peut en revanche douter que l’entreprise fondée par Reed Hastings jouisse d’une telle longévité.