1ère semaine de Carême : Paroles de Vie en marge du Missel par Dom Marmion

09 Mars, 2022
Provenance: fsspx.news

La tentation du Christ Jésus, notre modèle et notre chef.

Pour bien comprendre le mystère de la tentation de Jésus (1), il faut se rappeler que le Christ est semblable à nous en toutes choses, excepté le péché : Debuit per omnia fratribus similari, absque peccato.

Qu’on imagine à quel état de faiblesse serait réduit un homme qui, durant quarante jours, ne se serait accordé aucune nourriture. Jésus n’a pas voulu faire de miracle pour empêcher en lui les effets du jeûne ; aussi l’Evangile nous rapporte-t-il qu’après cette période, Jésus sentit la faim : Postea esuriit ; et le démon saisit occasion de son état d’accablement pour le tenter.

Si le Christ, Fils de Dieu, a voulu entrer en lutte avec l’esprit malin, nous étonnerons-nous que les membres de son corps mystique doivent suivre la même voie ?

Tant de personnes, même pieuses, croient que la tentation est un signe de réprobation. Mais, le plus souvent, c’est le contraire ! Devenus disciples de Jésus par le baptême, nous ne pouvons « être au-dessus de notre divin Maître ». C’est Dieu lui-même qui nous le dit : « Parce que tu m’étais agréable, il a fallu que la tentation t’éprouvât ».

Ne nous étonnons donc pas de la tentation : n’oublions jamais que le Christ, notre modèle en toutes choses, a été tenté avant nous, et même touché par l’Esprit des ténèbres.

N’oublions pas surtout que ce n'est pas seulement comme Fils de Dieu que Jésus a vaincu le diable, mais encore comme chef de l’Eglise ; en lui et par lui, nous avons triomphé et nous triomphons encore des suggestions de l’esprit rebelle. C’est, en effet, la grâce que nous a conquise notre divin Sauveur par ce mystère ; là se trouve la source de notre confiance dans les épreuves et les tentations.

Le Christ dans ses mystères, pp. 207 et 211.

(1) Cf. Evangile de la messe du premier dimanche de Carême