Après François, un François II ? (4)

28 Mai, 2022
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Marc Ouellet

Le pape François manifeste depuis plusieurs mois de sérieuses difficultés à se déplacer. Ce 30 avril 2022, en recevant des pèlerins de Slovaquie, il a déclaré que sa jambe n’était « pas bonne », ajoutant même : « elle ne fonctionne pas ». Il a confié que son médecin lui avait demandé de ne pas marcher.

Cet état de santé préoccupant fait que les observateurs romains s’interrogent de plus en plus sur le futur pape. La première partie a rapporté les propos d’un prélat bien informé, Mgr Nicola Bux, la deuxième ceux de deux vaticanistes décrivant l’attitude du pape pour anticiper son successeur, et la troisième présente un cardinal mis en orbite par François.

Un cardinal qui rêverait d’être pape

Un autre nom est cité, celui d’un prélat qui aurait de très faibles chances d’être élu pape, mais qui rêverait très fort de l’être : le cardinal québécois Marc Ouellet. Deux articles récents dressent de lui un portrait peu flatteur.

La Lettre de Paix liturgique n°861, du 2 mai, interroge son correspondant au Québec, Paul Grondin qui présente le prélat comme « un conservateur à la manière d’un apparatchik. Disons qu’il est très carriériste… pour le plus grand service de l’Eglise, bien entendu ! Il n’est pas en cela ni le premier ni le seul dans l’Eglise, surtout aujourd’hui.

« Mais son histoire montre que, comme tel, il a toujours manifesté une sérieuse dose d’opportunisme. » Paul Grondin ajoute que le cardinal Ouellet a « une très grande capacité de culture des ressentiments : il a des aversions (s’il n’était pas prêtre, on dirait des haines) irréductibles. »

Ainsi, « contre les cardinaux les plus traditionnels, Burke, feu Caffarra, son ennemi, il prit le parti de défendre l’encyclique Amoris lætitia [expliquant] que juger Amoris lætitia “sur la seule base d’une note de bas de page qui signifierait une rupture de la tradition ecclésiale” apparaît “franchement simpliste, voire outrancier”. »

Et de signaler que le cardinal Ouellet a eu une part importante dans la préparation de Traditionis custodes, avec le cardinal secrétaire d’Etat, et avec les cardinaux Versaldi et Stella. »

Cette affirmation se retrouve dans l’article de Res Novæ du 1er mai, où l’abbé Claude Barthe écrit : « les interventions du cardinal Ouellet lors des réunions inter-dicastères au cours desquelles a été discuté ce qui est devenu le motu proprio Traditionis custodes ont été étonnamment hostiles à la liturgie traditionnelle. »

Et il signale le rôle du prélat québécois dans la crise des dominicaines enseignantes de Pontcalec, dans le diocèse de Vannes : « Il s’est fait désigner par le pape François comme visiteur canonique, assisté de Dom Jean-Charles Nault, abbé bénédictin de Saint-Wandrille, et de la Mère Emmanuelle Desjobert, abbesse cistercienne de Sainte-Marie de Boulaur, couvent de même température que Saint-Wandrille (liturgie Paul VI en latin, et non liturgie traditionnelle comme à Pontcalec).

« La visite canonique a balayé les résultats d’une visite canonique précédente diligentée sous le pape Benoît XVI, et jugée par Marc Ouellet trop favorable à la part la plus traditionnelle de la communauté.

« Concrètement, le cardinal a, de manière passablement violente, banni définitivement de l’état religieux la Mère Marie-Ferréol, poussé d’autres au départ, réduit au silence leurs compagnes de même tendance, et fait nommer comme assistant de la communauté, le P. Henry Donneaud dominicain de la province de Toulouse. »

L’abbé Barthe note : « Si Marc Ouellet, se qualifiait jadis de théologien favorable à une herméneutique “de réforme dans la continuité” et non “de rupture”, il a toujours été tout le contraire d’un thomiste : c’est un disciple enthousiaste de Hans Urs von Balthasar […] Il est ainsi très lié avec les prélats balthasariens français, au premier rang desquels est le cardinal Philippe Barbarin. »

Et d’ajouter qu’en 2012, avant Amoris lætitia, sous Benoît XVI, le cardinal Ouellet avait, dans un livre d’entretiens [Actualité et avenir du Concile œcuménique Vatican II, L’Echelle de Jacob, 2012], « ouvert la voie, de manière significative, à une recherche d’un compromis en matière d’accueil sacramentel des divorcés “remariés” :

« “Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, y expliquait-il, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul.” »

Ce qui amène l’abbé Barthe à préciser la nature du conservatisme mou du cardinal Ouellet, partisan d’une herméneutique « de réforme dans la continuité » : « De réforme certes, mais sans exagération dans la continuité … C’est-à-dire en jouant systématiquement le rôle d’éteignoir vis-à-vis de tout et de tous ceux qui pourraient pousser à de sérieuses remises en question du cocon conciliaire. »

 

A suivre.