Après François, un François II ? (5)

30 Mai, 2022
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Peter Erdö

Le pape François manifeste depuis plusieurs mois de sérieuses difficultés à se déplacer. Ce 30 avril 2022, en recevant des pèlerins de Slovaquie, il a déclaré que sa jambe n’était « pas bonne », ajoutant même : « elle ne fonctionne pas ». Il a confié que son médecin lui avait demandé de ne pas marcher.

Cet état de santé préoccupant fait que les observateurs romains s’interrogent de plus en plus sur le futur pape. La première partie a rapporté les propos d’un prélat bien informé, la deuxième ceux de deux vaticanistes décrivant l’attitude du pape pour anticiper son successeur, la troisième présente un cardinal mis en orbite par François, et la quatrième un cardinal qui rêve d’être pape.

Un cardinal opposé à la communion des divorcés remariés et aux vagues migratoires

Au terme de cette revue de quelques-uns des papabili, on peut se demander s’il n’existe pas au moins un prélat qui s’écarterait de la ligne voulue par François. Dans son article du 7 février, cité plus haut, Andrea Gagliarducci faisait allusion à « un pape d’Europe centrale doté d’une compétence exceptionnelle en droit canonique, qui pourrait ainsi réparer certaines lacunes juridiques de ce pontificat », et qu’il nommait imprudemment « un Paul VII ».

Le journaliste pensait au cardinal Péter Erdő que don Pio Pace présente en ces termes dans Res Novæ du 1er mai : « Le cardinal Péter Erdő, 70 ans le 25 juin prochain, est archevêque d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie.

« Polyglotte, canoniste de formation, administrateur vigoureux, il est considéré comme une figure éminente, quoique discrète et presque timide, de la tendance “néo-conservatrice” au sein du Sacré Collège. C’est un bon représentant des dirigeants des Eglises de l’Est de l’Europe opprimées sous la dictature soviétique. »

Ce qui plaide en sa faveur, c’est l’antipathie qu’il inspire à Andrea Riccardi. Le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, présente dans son livre La Chiesa brucia [Tempi nuovi, 2021, L’Eglise brûle], le thème de la nation lié au catholicisme – que les Eglises de l’Est de l’Europe cultivent volontiers – comme une résurgence d’un national-catholicisme suspect.

Il estime que c’est à tort que les Eglises de Pologne, de Hongrie se réclament d’une « théologie de la nation ». Il est certain, reconnaît don Pace, que « le chef de l’Eglise magyare s’est montré en phase avec la position d’opposition aux invasions migratoires du Premier ministre Viktor Orbán, même s’il a pris le soin de rassurer le pape François sur sa fidélité… »

Et d’ajouter qu’il s’agit clairement d’une « fidélité dans la différence, comme on avait pu le voir lors de l’assemblée du synode sur la famille de 2015, où Péter Erdő avait défendu la position morale traditionnelle : la sortie du péché d’adultère conditionne l’accès à l’absolution sacramentelle et à l’Eucharistie. »

Pour le chroniqueur de Res novæ : « Il y a ainsi osmose entre les prises de position en faveur de la famille des épiscopats de Pologne, de Hongrie, et les politiques de refondation traditionnelle qu’appliquent les gouvernements de ces pays : morale familiale, enseignement du catéchisme à l’école.

« On est dans l’Europe du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, Slovaquie, Tchéquie), avec aussi la Slovénie de Janez Janša, proche de Viktor Orbán (mais Janša vient de perdre les élections), très opposée à l’accueil des vagues de migration prêtes à se déverser sur elle. »

Et de conclure : « Dans ce contexte, le cardinal Péter Erdő, qui a été par ailleurs président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) en 2006, est un prélat qui devrait compter après l’achèvement du présent pontificat. »