Attentat contre un évêque au Soudan du Sud

06 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Cathédrale de la Sainte-Famille de Rumbek

L’évêque élu du diocèse de Rumbek (Sud Soudan) a été victime d’un attentat, moins d’un mois avant sa consécration épiscopale. L’attaque perpétrée contre le missionnaire met en relief les luttes tribales qui minent le pays depuis son indépendance en 2011, face auxquelles l’Eglise catholique se retrouve en première ligne.

« Au cours de la nuit, nous avons appris l’attaque contre le père Cristian Carlassare. Le missionnaire combonien a été immédiatement transporté à l’hôpital de Juba. » La nouvelle de l’attentat perpétré contre l’évêque élu de Rumbek est parvenue le 26 avril 2021, à l’agence pontificale Fides, mettant une fois de plus en évidence le climat de violence et de tribalisme qui touche la région.

« Le père Cristian a été battu, ainsi que la religieuse qui était avec lui, puis quatre balles lui ont été tirées dans les jambes. Selon les premières nouvelles, l’attaque était apparemment prévue pour lui faire peur afin qu’il ne soit pas consacré évêque », assure une source locale. Le missionnaire devrait être transféré à Nairobi (Kenya) pour une période de soins et de convalescence.

Depuis la mort de Mgr Cesare Mazzolari en 2011, le siège épiscopal de Rumbek (centre du pays) était vacant. Il a fallu dix ans pour que Rome parvînt à lui nommer un successeur.

Le père Christian Carlassare, missionnaire italien présent dans le pays depuis seize ans et qui exerçait son ministère dans l’Etat du Haut-Nil, est arrivé à Rumbek le 16 avril dernier ; la date de son ordination épiscopale était fixée au dimanche de la Pentecôte, le 23 mai 2021.

Bien que l’identité et les motifs des agresseurs soient inconnus à cette heure, le site d’informations des missionnaires comboniens, rapportant les témoignages de sources locales, évoque un contexte de luttes tribales : l’ethnie majoritaire dinka exigeant depuis longtemps qu’un des leurs soit nommé évêque de Rumbek.

Le Soudan du Sud, habité par 12,5 millions d’habitants, compte une majorité de chrétiens (60 % de la population) dont 3 millions de fidèles catholiques et 2,5 millions de protestants appartenant à l’Eglise épiscopale du Soudan.

Le contexte politique général

A partir de 2005, la région, qui n’était pas encore indépendante, est tombée entre les mains d’une clique de politiciens dinka, l’ethnie majoritaire, menée par l’actuel président Salva Kiir : tous les ingrédients d’une guerre tribale de grande ampleur sont alors réunis.

Deux ans après avoir obtenu son indépendance, en 2011, le pays a sombré dans une guerre civile meurtrière, lorsque Salva Kiir a accusé Riek Machar – son vice-président, membre de l’ethnie Nuer – de fomenter un coup d’Etat.

En février 2020, un accord de paix met fin, de façon provisoire ou définitive, l’avenir le dira, aux atrocités : mais les fractures demeurent encore ouvertes dans un pays désormais exsangue.