Au Cœur de l’Immaculée

06 Juillet, 2019
Provenance: fsspx.news

Pénétrer au cœur d’un mystère, c’est y pénétrer au plus profond. Se trouver au cœur d’une action, c’est se trouver là où elle est la plus intense. Connaître le cœur d’une question, c’est en connaître l’aspect le plus essentiel.

On ne connaît vraiment l’Immaculée, dans ce qu’elle a de plus essentiel, qu’à la condition de connaître son Cœur. C’est là que se déroule, dans toute son intensité, l’admirable vie intérieure de cette vierge très pure. Mais il faut pour cela un regard très profond…

Ne pénètre pas qui veut, dans ces profondeurs. A l’image de la vie de Dieu, la vie de ce Cœur est une vie cachée. Il existe pourtant une façon de l’atteindre, depuis l’accomplissement dramatique de la prophétie du vieillard Siméon : conformément à cette prédiction, tandis qu’au pied de la croix veillait la mère des douleurs, un glaive a transpercé ce Cœur, ouvrant une brèche par où, à la suite de ce glaive, il est possible de pénétrer.

Qu’y découvre-t-on ? D’abord, un sanctuaire tout imprégné de la charité la plus exquise, tout embrasé de l’amour le plus pur et le plus ardent, pour un Fils qu’elle aime comme son Dieu, pour un Dieu qu’elle aime comme son Fils… Si le glaive pénètre si profondément ce Cœur, c’est parce que, contre la croix, la douleur se proportionne à cette charité immense. Ce Cœur est trop aimant pour ne pas compatir, avec une intensité terrifiante, aux épouvantables souffrances de l’Amour incarné, crucifié pour les hommes.

Ensuite, on y devine un sentiment d’horreur brûlante, de répulsion terrible, d’exécration absolue à l’encontre du péché. Si le glaive est si tranchant, et suscite des larmes si intenses, c’est aussi parce que la douleur se proportionne à sa haine radicale du péché. Son Cœur est si délicat, si chaste, si préservé… Elle est l’Immaculée, le plus pur reflet de la pureté de Dieu ! Aussi, devant le spectacle affligeant de la haine déicide, l’horreur divine du péché résonne excessivement au plus profond de son Cœur sans souillure.

On peut enfin y admirer une vaillance indomptable, la force d’une armée rangée en bataille : quoique broyé, son Cœur accepte de s’ouvrir, de souffrir et de s’offrir. Le glaive qui le déchire révèle un courage surhumain qui ne craint pas d’affronter le martyre, et persévère jusqu’au bout dans son consentement héroïque à l’œuvre de notre rédemption. Fermement associées au Christ, les larmes de ce Cœur percé nous sauvent…

C’est nous, pécheurs, qu’un glaive devait châtier. En s’offrant pour en être frappée, et en unissant ses souffrances à celles du Sacré-Cœur, l’Immaculée se découvre incomparablement notre mère.

Désirons donc, avec Veuillot, participer plus intimement à la vie de ce Cœur maternel :

Pour m’inspirer l’horreur du crime,

 

Dans mon cœur que ta main imprime

 

Notre Jésus crucifié.

 

Et jusqu’à mon heure dernière,

 

Qu’à ces tourments, qu’aux tiens, ma Mère,

 

Mon cœur demeure associé.

Cœur douloureux et immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à vous.