Au pays de Mao : la peur des mots

09 Août, 2019
Provenance: fsspx.news

Le Parti communiste chinois (PCC) met en œuvre, depuis plusieurs mois, la censure systématique des mots ou des concepts évocateurs du christianisme. Le but est de dissuader les Chinois - et notamment les plus jeunes - d’adhérer à la religion chrétienne.

La nouvelle a été publiée par AsiaNews le 1er août 2019 : les mots « Dieu », « Bible » ou « Christ » ont été retirés de la nouvelle version d’un manuel scolaire à l’usage de l’école primaire. 

De plus, au début de l’année 2019, le ministère de l’éducation a fait paraître un manuel contenant quatre extraits d’auteurs étrangers, en censurant tout ce qui peut rappeler, de près ou de loin, la religion chrétienne. 

Ainsi, dans le fameux récit d’Andersen, « La petite fille aux allumettes », le passage où la grand-mère défunte de l’enfant lui apparaît et lui dit « quand on voit filer une étoile, c’est une âme qui monte vers Dieu », a été remplacé par « quand on voit filer une étoile, c’est qu’une personne quitte ce monde ». 

Robinson Crusoé fait aussi les frais de la censure chinoise : naufragé sur une île déserte, Robinson parvient à trouver trois copies de la Bible dans les restes de l’épave. La nouvelle version modifiée élimine le mot « Bible » et raconte que Crusoé a retrouvé « quelques livres » qui avaient survécu au naufrage. 

De même Vanka - dans la nouvelle éponyme de Tchekhov - ne prie plus dans une église et ne prononce pas non plus le nom du Christ dans la version caviardée par le PCC. 

Plus largement, les classiques tels « Notre-Dame de Paris » et « Le comte de Monte-Cristo » de Victor Hugo, ainsi que « Résurrection » de Léon Tolstoï, ont été retirés des bibliothèques et des librairies en raison de leur trop forte connotation chrétienne. 

Cette politique est en tout conforme aux directives lancées en 2015 par le président Xi Jinping : aux yeux de ce dernier, toute religion ne peut exister en Chine que si elle s’assimile à la culture chinoise et se soumet au PCC. 

Cette campagne contre le christianisme, qui montre le vrai visage du communisme intrinsèquement pervers et persécuteur, peut cependant être analysée comme un aveu de faiblesse. Certains dirigeants chinois craignent de voir l’empire du Milieu devenir « le pays le plus chrétien au monde » d’ici 2030, comme le prédisent plusieurs sociologues, à l’instar de Fenggang Yang, professeur à l’université de Purdue, aux Etats-Unis.