Au pays du Soleil-Levant, le « mariage pour tous » va de l’avant

27 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Mme Yuriko Koike

La région de Tokyo (Japon) s’apprête à promulguer une loi reconnaissant les unions entre personnes de même sexe. Le prélude probable à un futur projet de loi national qui divise encore une partie de la classe politique et de la société.

Le royaume du chrysanthème n’aura jamais si bien porté son nom : les Tokyoïtes vont devoir se résoudre à faire le deuil du modèle de la famille traditionnelle.

C’est le gouverneur de la capitale nippone qui l’a annoncé en personne, le 7 décembre 2021 : « en réponse aux vœux des habitants de Tokyo et de ceux qui sont concernés par ce sujet, nous allons faire des préparatifs pour reconnaître les unions de même sexe », a déclaré Yuriko Koike, première femme à occuper ce poste.

Une réforme aux couleurs de l’arc-en-ciel qui devrait être mise en œuvre dès le début de l’année administrative 2022, qui débute en avril, au pays du Soleil-Levant.

« Cette initiative a pour but de réduire le nombre de problèmes que les personnes homosexuelles peuvent rencontrer dans la vie de tous les jours et de promouvoir la compréhension des Tokyoïtes sur la diversité sexuelle », justifie Yuriko Koike.

Une avancée progressiste qui n’est pas vraiment du goût du gouvernement national, dont la majorité des membres appartient au Parti libéral démocrate (PLD), une formation plutôt conservatrice : « il faut une réflexion extrêmement prudente sur la légalisation du mariage homosexuel. (…)

« L’introduction d’un système qui autoriserait de telles unions, serait un geste qui toucherait directement le cœur même de ce que devrait réellement être une famille au Japon », a ainsi prévenu le premier ministre japonais, Fumio Kishida.

Malgré tout, la propagande en faveur du mariage pour tous marque des points dans l’archipel nippon : selon une enquête menée par le journal Asahi en mars dernier, 65 % des Japonais se sont déclarés pour la légalisation, contre 41 % en 2015.

Même chez les électeurs sympathisants du PLD, le taux de personnes en faveur de la reconnaissance des couples de sexe identique est monté à 65 %, précise le journal.

Bien que le Japon soit le dernier pays du G7 où le mariage homosexuel ne possède pas d’existence juridique, l’homosexualité y est toutefois légale depuis 1880, et le pays est jugé plutôt libéral dans le domaine des mœurs, comparé à d’autres Etats asiatiques.

Une attitude laxiste qui s’explique en partie par la prédominance du bouddhisme (71% des Japonais) et du shintoïsme (15%), deux philosophies qui, en niant pratiquement l’existence d’un Dieu transcendant, en viennent à faire de la créature un absolu.

Les catholiques japonais, quant à eux, ne représentent que 0,36% de la population de l’archipel, le christianisme étant traditionnellement perçu comme un corps étranger, incompatible avec la société nippone.

L’influence de l’Eglise – hormis ses œuvres caritatives – est donc relativement faible, et lorsque les évêques japonais montent au créneau, c’est souvent davantage sur les questions écologiques ou sur le nucléaire.

Dès que la région de Tokyo – qui concentre quatorze millions d’habitants – aura légalisé le mariage pour tous, un grand pas aura été franchi pour faire adopter un projet de loi semblable au niveau national.