Au Pérou, un évêque s’élève contre la fermeture des églises

10 Février, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Javier Del Rio Alba

L’évêque d’Arequipa (Pérou) critique la décision du gouvernement péruvien de fermer complètement les lieux de culte en raison de l’épidémie de Covid-19, tout en permettant aux banques, aux centres commerciaux, et aux restaurants de rester ouverts.

« Les mesures récemment prises par le gouvernement prouvent, une fois de plus, que nos dirigeants ne comprennent rien à la société péruvienne, ni ceux qui la composent. » Mgr Javier Del Rio Alba ne mâche pas ses mots.

L’archevêque d’Arequipa – deuxième ville du Pérou par sa population – est intervenu publiquement le 1er février 2020 afin de dénoncer le deux poids deux mesures des pouvoirs publics, dans la gestion de la Covid-19.

« Ainsi, on ordonne la fermeture totale des lieux de culte dans presque tout le Pérou, tandis que dans les mêmes endroits, les banques, les centres commerciaux et même les restaurants sont autorisés à fonctionner, avec une jauge de 50% de leur capacité normale d’accueil », ironise le prélat, qui va jusqu’à dénoncer une violation de la Constitution péruvienne, censée prendre « la défense de la personne humaine ».

Et Mgr Del Rio de s’étonner de ce que le gouvernement reste sourd face aux besoins spirituels des « 95% de Péruviens qui professent une religion selon laquelle la personne humaine n’est pas que matière, mais à la fois corporelle et spirituelle ». 

L’attitude des pouvoirs publics n’étonne pas outre mesure l’archevêque d’Arequipa, puisque ceux-ci sont les premiers à prôner cet « individualisme matérialiste de la ‘culture du déchet’ qui embrasse l’avortement et l’euthanasie promus par le parti au pouvoir ».

Pourtant, « le nombre incalculable de martyrs au cours des vingt et un siècles d’Histoire de l’Eglise, témoigne de l'importance pour les chrétiens de participer ensemble à la célébration de la messe, et de pouvoir accéder librement aux églises où se trouve la présence réelle du Christ », souligne le prélat, qui urge les autorités à s’inquiéter de la « santé intégrale » des Péruviens, qui « inclut la santé spirituelle ».

La déclaration de l’ordinaire d’Arequipa intervient dans la foulée de la prolongation de l’état d’urgence, prévu pour s’étendre durant tout le mois de février. Depuis le début de l’épidémie, 40 000 personnes sont décédées des suites de la Covid-19 dans le pays, selon les statistiques officielles.