Au Sahel, les évêques dénoncent une menace djihadiste croissante

01 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Enfants dans un camp de réfugiés au nord-est du Nigéria

Alors que les raids meurtriers des groupes djihadistes au Sahel se multiplient, les évêques du Niger et du Burkina Faso montent au créneau afin de faire part de leur inquiétude pour l’avenir d’une région fragilisée par le récent coup d’Etat au Mali, la mort de l’emblématique chef d’Etat tchadien Idriss Déby, et la réorganisation de la présence française.

Les attaques de groupes djihadistes dans les pays du Sahel se multiplient, notamment dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Dans ce dernier pays, au moins 47 personnes, dont 30 civils, sont mortes le 18 août 2021 lors d’une attaque contre un convoi sur la route Arabinda-Gorgadji dans le nord.

« Un acte atroce que nous condamnons fermement », a déclaré la Conférence des évêques du Burkina-Niger (CEBN) dans un communiqué daté du 23 août dernier.

« Dans cette douloureuse circonstance, nous présentons nos sincères condoléances aux familles endeuillées et à tout le peuple Burkinabé, affligé par cette tragédie. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés », ajoutent les prélats africains, invitant « les fils et filles de l’Eglise de la Famille de Dieu au Burkina Faso à intensifier leurs prières pour la paix dans le pays ».

Au Niger, la situation n’est guère plus brillante : dans la nuit du 24 au 25 août à Baroua dans la région de Diffa, une position de l’armée nigérienne a été attaquée par une centaine d’éléments de Boko Haram en provenance du lac Tchad.

Selon le communiqué officiel de l’armée de Niamey, 16 militaires nigérians et une cinquantaine de membres de Boko Haram ont perdu la vie dans les combats.

Deux jours plus tard, le 20 août, c’est au tour de 19 civils de trouver la mort dans une attaque contre un village de la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger. Les terroristes – présumés djihadistes – s’en sont pris aux fidèles qui achevaient la prière du vendredi dans la mosquée locale.

Le Niger doit faire face à la fois à des groupes, affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation Etat islamique (EI), opérant dans l’ouest du pays, ainsi qu’au groupe nigérian Boko Haram et son aile dissidente – ISWAP – opérant dans la zone du lac Tchad.

Au Mali, la situation s’est brusquement tendue le 19 août dernier : une quarantaine de soldats d’une unité d’élite, entraînés par des soldats américains et espagnols, sont morts dans une série d’embuscades successives dans la région de Mopti, au centre du pays.

Les terroristes ont également capturé un nombre indéterminé de soldats et de nombreux véhicules, ainsi que de l’armement.

Les groupes djihadistes sont actifs dans le Sahel, et disposent d’importants moyens financiers et matériels obtenus en s’appuyant sur la religion, les conflits ethniques, les discours anti-occidentaux, la corruption et surtout la misère sociale, récurrente dans cette région d’Afrique.

Sans parler de l’instabilité politique dont les groupes radicaux savent profiter : le récent coup d’Etat au Mali, la mort au combat du chef d’Etat tchadien Idriss Déby, et le redéploiement progressif des forces françaises avec la fin progressive de l’opération Barkhane, plongent le Sahel dans une incertitude des plus angoissantes.