Baisse de l’avortement en France : ce que les chiffres ne disent pas

01 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news

Les chiffres de l’avortement en France viennent de tomber : le recours à l’IVG est en baisse de 4% dans notre pays. Des chiffres qu’il convient de nuancer, étant donné l’augmentation des avortements médicamenteux en ville. Les lobbies progressistes en profitent pour demander une nouvelle extension du délai permettant d’accéder à l’IVG.

Telle une religion, l’idéologie mondialiste possède sa liturgie et ses fêtes propres : le 28 septembre 2021 est ainsi dédié à la « Journée mondiale du droit à l’avortement ». C’est ce jour qu’a choisi la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) pour publier les statistiques annuelles de l’avortement dans l’Hexagone.

222 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) pour l’année 2020 : soit une baisse de 4% par rapport à l’année précédente, après plusieurs années de hausse du nombre d’avortements dans le pays.

Le rapport du Drees – organisme qui dépend des ministères de la Santé, du Travail et de l’Economie – révèle également que les demandes d’IVG dites « tardives », qui interviennent dans les deux dernières semaines du délai légal, aujourd’hui fixé à douze semaines de grossesse, n’ont pas augmenté sur la même période, marquée par le confinement en France.

« La hausse des IVG tardives avait été avancée pour déréguler l’IVG » – c’est-à-dire pour augmenter les délais – rappelle Caroline Roux directrice générale adjoint du mouvement pro-vie Alliance Vita. Mais « les avortements n’ont pas eu lieu plus tard que d’habitude », poursuit-elle.

C’est pourtant le chiffon rouge d’une hausse annoncée des avortements tardifs qu’agitent depuis plusieurs mois les organisations de planning familial et les élus, pour demander une extension du délai légal à quatorze semaines.

Or les chiffres leur donnent tort, révélant une fois de plus l’idéologie qui anime l’action des lobbies pro-avortement, et que rien ne semble devoir arrêter : « aujourd’hui, les délais sont trop courts et trois à cinq mille femmes partent chaque année à l’étranger pour avorter », clame Albane Gaillot, députée ex-LREM qui porte depuis plusieurs mois le projet de loi visant à élargir ce délai.

« D’autres pays, comme l’Espagne, sont à 14 semaines. En Suède c’est 18 semaines », précise-t-elle.

Mais le rapport du Drees manifeste que le nombre assez bas d’avortements en mai, juin et début juillet 2020 n’est pas lié à des « difficultés d’accès », mais aux « mesures prises pour limiter la diffusion de la Covid ». Autrement dit, la « distanciation sociale » a joué un rôle dans l’intimité des Français, et entrainé une baisse des conceptions.

En tout cas, les promoteurs de l’avortement ne désarment pas : le projet d’Albane Gaillot, s’il a reçu l’aval du Comité consultatif d’éthique, divise la majorité présidentielle. Emmanuel Macron, pour des raisons électoralistes, y est opposé, tandis que Christophe Castaner, patron des députés LREM, y est favorable.

Il ne faut, cependant, pas se faire d’illusion : dans de nombreux pays, ces délais s’allongent régulièrement sous la poussée de forces très difficiles à arrêter. Il reste toutefois réjouissant que l’une des oppositions les plus fortes soit le corps médical, qui répugne encore, tant pour des raisons cliniques que pour des raisons de conscience, à l’avortement, surtout l’avortement tardif.