Baptêmes d’adultes en France : l’arbre qui cache la forêt

12 Mai, 2022
Provenance: fsspx.news

Si le nombre de baptêmes d’adultes demeure stable depuis plusieurs années en France, celui des baptêmes d’enfants ne cesse de baisser, posant avec d’autant plus d’acuité le problème de la transmission de la foi dans les familles.

Il y a deux façons de lire le dossier de la Conférence des évêques de France (CEF) consacré aux baptêmes d’adultes célébrés le 18 avril 2022, en la vigile de Pâques.

De prime abord, il y a tout lieu de se réjouir des 4 278 adultes qui ont reçu le sacrement de l’illumination chrétienne cette nuit-là, un chiffre auquel il faudrait encore ajouter les personnes baptisées dans les chapelles de la Tradition au même moment.

L’Eglise de France a de quoi être optimiste : le cru 2022 des néophytes est en augmentation de 17% par rapport à l’année précédente, une année marquée par une décrue sensible, Covid 19 oblige.

Il est également encourageant de constater que de jeunes hommes et femmes continuent encore à frapper à la porte de l’Eglise pour recevoir le saint Baptême, cela malgré la médiatisation persistante des abus perpétrés au sein de l’Eglise.

Mais à y regarder de plus près, ce constat positif semble devoir être nuancé. La CEF note en effet que 53% des néophytes de 2022 sont issus de foyers chrétiens qui n’ont pas souhaité baptiser leur enfant à sa naissance : une fois de plus est mis en lumière le grand problème de la rupture dans la transmission de la foi, un serpent de mer que le rapport des évêques français se garde bien d’évoquer explicitement, mais qui transpire entre les chiffres.

Car les faits sont têtus : si l’on considère le nombre global de baptêmes en France entre 2008 – 334 664 – et 2019 – 204 304 – on comptabilise une baisse de 130 000, ce qui représente une baisse moyenne de près de 40%.

Dans le même ordre d’idées, en 1965, 93% des enfants étaient baptisés dans les trois premiers mois après leur naissance : un taux qui chute à moins de 30% en 2021, sachant que les statistiques actuelles prennent en compte les enfants de 0 à 7 ans…

A cet effacement progressif des forces vives de l’Eglise dans l’Hexagone – conséquence d’une dilution de la foi et d’une sécularisation accrue – correspond un dynamisme nouveau, celui de l’islam notamment.

Même si, cette année, 5% des nouveaux baptisés sont issus de familles musulmanes – un taux en légère baisse par rapport aux années précédentes – entre la religion du Coran et le catholicisme, les courbes sont proches de se croiser, si cela n’est pas déjà fait : ainsi, il y a dix ans, le ministère de l’Intérieur et des Cultes avançait le chiffre d’environ 4 000 convertis à l’islam par an, mettant en relief une croissance qui se renforce d’année en année.

Où en est-on en 2022 ? Difficile de le dire, car aucune donnée officielle actualisée n’est disponible auprès du grand public, mais une chose est sûre : le triomphalisme postconciliaire et ses lendemains qui chantent ont bien vécu… Et si le temps était venu de redonner sa chance à la Tradition ?