Barcelone : les paroisses se mettent au régime

21 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Juan Jose Omella

L’archidiocèse de Barcelone (Espagne) vient d’annoncer la fermeture de 160 paroisses sur les 208 existantes. L’épidémie de SARS-CoV-2 a porté un coup fatal aux finances d’un diocèse déjà touché depuis longtemps par le tsunami de la sécularisation.

Dur réveil pour les catholiques de Barcelone : l’archevêque, le cardinal Juan Jose Omella, vient de rendre public un plan drastique de réduction du nombre des paroisses.

Cent soixante paroisses sur les 208 que compte la circonscription ecclésiastique, devront fermer leur portes : une mesure qui prendra effet de façon progressive, dès lors que le curé titulaire aura atteint l’âge légal de la retraite, fixé par le droit canonique à soixante-quinze ans.

Quant aux 48 paroisses restantes, elles seront rebaptisées « communautés pastorales » et concentreront toutes les activités exercées au sein des précédentes structures, dont les bâtiments, et le cas échéant les églises, pourraient être mis en vente.

Ainsi, l’archevêché a déjà cédé un terrain appartenant à la paroisse Saint-Isidore à l’hôpital voisin : plusieurs milliers de mètres carrés de terrain et de bâtiments grâce auxquels l’établissement de soins pourra s’agrandir.

En Catalogne, comme ailleurs en Espagne, le souffle du renouveau que Vatican II était censé inspirer, n’a pas suffit pour enrayer le mouvement de sécularisation à l’œuvre dans le royaume depuis plusieurs décennies, et de façon croissante ces dernières années.

Barcelone a en effet le triste privilège d’être la région où le catholicisme s’est le plus estompé dans la péninsule : 56,6% des habitants se déclarent catholiques, dont 20% de pratiquants.

La région autonome de Catalogne est également celle qui compte le moins de baptêmes, de communions et de mariages, ou de vocations sacerdotales. Même la part de la contribution versée à l’Eglise est au plus bas.

La déclaration d’impôts sur le revenu recèle en effet un particularisme hérité de l’histoire : lorsqu’ils remplissent leurs feuilles d’imposition, les contribuables espagnols peuvent cocher une case permettant de dédier 0,7% de leurs impôts à la solidarité sociale ou à l’Eglise catholique.

Or, dans toute l’Espagne, c’est en Catalogne que la case « Eglise » est la moins cochée sur la déclaration de revenu.

Note. Il faut remarquer que cet impôt est obligatoire. Ceux qui ne cochent aucune des deux cases, verront la somme correspondant aux 0,7%, allouée et à la solidarité sociale, et à l’Eglise, selon la proportion de ceux qui ont coché une case. Ainsi, en 2020, près de 30% des contribuables ont coché la case Eglise. Il faut donc ajouter 30% de ceux qui n’ont rien coché.

Il faut enfin signaler que, pour l’année 2020, cet impôt a connu une hausse spectaculaire, probablement due à l’action de l’Eglise auprès des pauvres. En effet, la somme totale a augmenté de 5,9% par rapport à 2019. Mais la situation risque de se dégrader en 2021 à cause des effets de la crise sanitaire.