Birmanie : la situation des chrétiens se détériore

20 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Eglise de l’Enfant-Jésus, à Hawhkom, dans l’état de Kayah

Depuis le coup d’Etat qui a porté l’armée au pouvoir au début du mois de février 2021, les chrétiens sont confrontés à une pression accrue de la part de la junte militaire birmane.

Le 8 juillet 2021, un webinaire – séminaire en ligne – s’est tenu à l’initiative de l’ONG International Christian Concern (ICC) dont le siège se trouve aux Etats-Unis.

Les participants ont commenté le rapport publié quelques jours auparavant par l’ICC, intitulé « Pris dans la tourmente, les minorités chrétiennes aux mains de Tatmadaw ». Tatmadaw est le nom des forces armées birmanes qui sont au pouvoir à Naypyidaw, depuis le 1er février dernier.

Le rapport évoque en détail la situation, parfois dramatique, des chrétiens appartenant à des ethnies minoritaires, dans les Etats de Kachin, Kayah et Chin, et dans celui de Wa.

Victimes des vexations du Tatmadaw depuis près d’un demi-siècle, la persécution religieuse s’est accentuée à partir du dernier coup d’Etat de février 2021, selon Nadine Maenza, présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale.

David Eubank, intervenant pour le compte de l’ONG chrétienne Free Burma Rangers, un groupe humanitaire chrétien, avance le chiffre de plusieurs milliers de personnes déplacées dans les zones ethniques, en particulier chez les Karen, où il a apporté une aide humanitaire d’urgence au péril de sa vie, puisque les militaires n’ont pas hésité à le viser.

« Le Myanmar (ancien nom de la Birmanie) est confronté non seulement à une crise politique, mais aussi à une crise humanitaire et économique », précise pour sa part Benedict Rogers, chef du département extrême-orient de l’ONG Christian Solidarity Worldwide, basée au Royaume-Uni.

Les chrétiens représentent environ 6 % de la population du Myanmar, qui compte 54 millions d’habitants, tandis que le bouddhisme est la religion d’Etat, avec près de 89 % de fidèles.

Une religion majoritaire loin d’être pacifique ou animée de nobles sentiments, comme une vision aussi édulcorée que rétrécie tend à le faire croire en Occident : selon Open Doors USA, le nationalisme religieux birman est à la racine des violences dont les chrétiens sont victimes, plaçant la Birmanie au dix-huitième rang des Etats les plus persécuteurs…