Cameroun : la PMA dénoncée par les évêques

06 Octobre, 2022
Provenance: fsspx.news

Le gouvernement camerounais a mis en place une loi sur la procréation médicalement assistée (PMA), le 14 juillet 2022. Elle permet, entre autres, à toute personne « de recueillir et faire conserver ses gamètes ou tissus germinaux », pour pouvoir réaliser une PMA ultérieurement.

Dans une déclaration, publiée le 10 août, la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) dénonce la « légalisation, et les manipulations non acceptables » dans le domaine de la PMA et rappelle « l’enseignement du Magistère de l’Eglise qui juge peccamineux, inacceptables, et illicites la procréation médicalement assistée, et plus particulièrement la technique de la fécondation in vitro (FIV) ».

Tout en exprimant leurs inquiétudes pour les populations face aux offres technologiques dans le domaine biomédical, les évêques rappellent que la famille et la vie naissante sont marquées du « sceau de la sacralité » et déplorent la « culture grandissante de permissivité et d’abus » sur la procréation médicalement assistée et les techniques d’aide à la fertilité, tout en dénonçant les « enjeux économiques, techniques et anthropologiques » qui en découlent.

Les évêques camerounais déclarent que la plupart des techniques d’aide à la procréation bafouent à grande échelle la dignité humaine, en l’instrumentalisant, ce qui cause des problèmes éthiques et doctrinaux. Car la doctrine catholique enseigne qu’il y a un lien intrinsèque entre l’acte conjugal et la procréation.

Elle condamne la pratique de la fécondation extracorporelle ou FIVETE (fécondation in vitro et transfert d’embryon). « Si l’intervention de ces techniques d’aide à la procréation se substitue à l’acte conjugal comme moyen de concevoir l’enfant, elle est moralement illicite et n’est pas conforme à l’intention de Dieu sur la vie humaine. »

La déclaration des évêques s’oppose à la « pensée dominante qui propose parfois une “fausse compassion”, celle qui considère que favoriser la pratique de l’avortement c’est venir en aide à la femme ; procurer l’euthanasie c’est poser un acte de dignité ; “produire” un enfant est une conquête scientifique qui réjouit les familles, ou encore manipuler les vies humaines en laboratoire est un prétexte pour en sauver d’autres ».

Enfin, répondant au désir des couples stériles d’avoir un enfant, les évêques précisent que « l’Eglise, en encourageant une recherche scientifique conforme au respect de la vie et de la dignité humaine, encourage ces couples à assumer l’échec d’une stérilité irrémédiable. Elle les invite à s’en tenir au seul procédé humain de la procédure d’adoption de nombreux orphelins qui ont besoin d’un foyer domestique. »

Les évêques appellent donc « au refus catégorique de la fabrique et de la marchandisation de l’embryon humain », l’enjeu le plus important étant la dignité même de l’enfant.