Catholicisme : un centre de gravité qui se déplace vers le sud et l’est

10 Avril, 2021
Provenance: fsspx.news
Notre-Dame d’Afrique

Le 25 mars 2021, le Saint-Siège a dévoilé l’Annuaire Pontifical 2021 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2019, deux publications qui permettent de dresser un état des lieux exhaustif de la vie de l’Eglise dans le monde. La vitalité du catholicisme en Afrique et en Asie se confirme.

Au niveau des structures ecclésiastiques, les données fournies par l’Annuaire pontifical manifestent une tendance à la stabilité en 2020 : durant cette année, 2 sièges métropolitains et 4 sièges épiscopaux ont été érigés, 2 diocèses ont été élevés en siège métropolitain, 2 prélatures territoriales et 1 vicariat apostolique en diocèse.

Les données statistiques de l’Annuarium Statisticum Ecclesiae, se référant à l’année 2019, permettent une analyse plus approfondie de la vie de l’Eglise.

En 2019, il y a un peu moins de 1,345 milliard de catholiques, contre environ 1,329 milliard en 2018, soit une augmentation, en valeur absolue, de 16 millions (+1,12%). Une croissance proche de celle de la population mondiale (+1,08%) et qui manifeste une certaine stabilité de la présence des catholiques dans le monde, présence que l’on peut évaluer à 17,7%.

Entre 2018 et 2019, la présence catholique au niveau régional a connu des évolutions : une baisse s’amorce sur le continent américain, où la part des catholiques est passée de 48,3% à 48,1%.

En Europe, le reflux du nombre de catholiques se poursuit de façon inexorable : de 21,5% à 21,2% en l’espace d’une année.

Deux signes qui montrent, pour le continent américain, et surtout l’Amérique latine qui demeure le poumon de l’Eglise, les effets d’une sécularisation croissante ; et pour la vieille Europe, la poursuite de cette sécularisation effrénée et l’avènement d’une société post-chrétienne, dont les lois en faveur de la culture de mort sont l’un des signes les plus tangibles.

A l’inverse, les catholiques augmentent en Afrique (de 18,3% à 18,7%) et, plus légèrement, en Asie du Sud-Est, tandis que le poids des catholiques en Océanie reste stable : comme l’année précédente, se dessine un lent déplacement du centre de gravité de l’Eglise vers les anciennes terres de missions africaines et extrême-orientales.

Autre indicateur intéressant : le nombre de prêtres, diocésains et religieux, est passé de 414 065 à 414 336 ; des chiffres trompeurs qui cachent de grandes disparités régionales.

En effet, à côté de hausses importantes pour l’Afrique et l’Asie (3,45% et 2,91%, respectivement), l’Europe et l’Amérique connaissent une baisse de 0,5% et 1,5% respectivement.

Plus préoccupant encore, le déclin général qui caractérise les vocations sacerdotales depuis quelques années, se poursuit : les candidats au sacerdoce sur la planète passent de 115 880 unités en 2018 à 114 058 en 2019, soit une baisse de 1,6% qui n’épargne, à part l’Afrique, aucun continent, et hypothèque dans de nombreux endroits la visibilité de l’Eglise.

Cette baisse atteint ainsi 2,4% pour l’ensemble du continent américain. En Europe et en Asie, elle atteint respectivement 3,8% et 2,6%, tandis qu’en Océanie, le nombre de grands séminaristes en 2019 était inférieur de 5,2% à celui de l’année précédente…

Seule l’Afrique semble épargnée, puisque le nombre de grands séminaristes est passé de 32 212 à 32 721 unités.

La répartition régionale des candidats au sacerdoce évolue significativement au cours de la période analysée par l’Annuaire statistique : l’Afrique, qui en 2018 représentait 27,8% du total mondial, passe, en 2019, à 28,7%. Dans le même temps, l’Europe est passée de 14,3 à 13,9%.

D’aucuns voudraient encore se rassurer en attendant le renouveau promis par Vatican II – comme on attend Godot – mais s’il y a une urgence pour l’Eglise, c’est plutôt celle qui consiste à se réapproprier pleinement, et avec courage, la foi et la Tradition qui l’ont fait rayonner dans le monde.