A Chartres, la nouvelle beauté du voile de Marie

16 Octobre, 2020
Provenance: fsspx.news

Le 7 octobre 2020, la nouvelle vitrine abritant la relique du voile de la Vierge Marie, a été inaugurée dans la cathédrale de Chartres. Outre la mise en valeur du reliquaire orné, l’œuvre épurée réalisée par le créateur Hubert Le Gall assure une protection polyvalente de la relique.

« Je me suis inspiré de cette châsse couverte de bijoux, de pierres et de camées, mais je ne voulais pas lutter avec le reliquaire », explique Hubert Le Gall en désignant avec émotion le reliquaire doré qui abrite depuis le XIXe siècle, le voile de la Vierge Marie, vénéré depuis le IXe siècle dans la cathédrale de Chartres.

C’est en effet en 876 que Charles le Chauve, au soir de son règne, offre la précieuse relique dont il avait hérité de son grand-père Charlemagne, à la cathédrale.

Celui-ci l’avait lui-même reçue de l’impératrice d’Orient, Irène, qui avait rappelé au monarque franc qu’il s’agissait là du voile de soie porté par la Mère de Dieu, au jour de l’Annonciation.

A la Révolution, le reliquaire a été éventré, et l’étoffe de soie  découpée en plusieurs morceaux. L’un de ceux-ci a pu être récupéré : c’est lui qui est encore aujourd’hui l’objet de la vénération des pèlerins venus du monde entier.

Au fil des années, la vitrine abritant le reliquaire actuel – qui date de 1876 – étant de moins en moins étanche, il fallut se résoudre à la remplacer : c’est ici qu’entre en scène le créateur Hubert Le Gall.

L’artiste parisien conçoit alors une vitrine dorée, ornée de vitraux arborant le fameux bleu de Chartres qui, au Moyen-Age, assurait déjà la renommée des verriers chartrains.

Mais n’allons pas croire que l’œuvre réalisée par Hubert Le Gall ne consiste qu’en une évocation du passé : elle recèle un dispositif technologique, dissimulé dans un tiroir sous la vitrine.

Car, au cœur de la cathédrale de Chartres, rôde un ennemi plus furtif que les voleurs, plus patient que les profanateurs de toute époque : l’humidité. Aussi un dispositif équipé d’une membrane de polymère a été installé à l’intérieur de la vitrine, afin d’assurer la plus parfaite des régulations.

Une technique qui présente le double avantage de ne pas produire une condensation disgracieuse pour les yeux, et de pouvoir durer une vingtaine d’années, sans qu’aucune maintenance particulière ne soit nécessaire.

De plus, afin de faciliter l’ostension de la relique lors des grandes cérémonies, un plateau coulissant a été installé, afin de sortir facilement le reliquaire.

Enfin, il a également été décidé de limiter l’éclairage de la relique, afin de ne pas abîmer le voile de la Vierge : « la mise en lumière se fait tous les jours de 12h20 à 12h30 et de 19 heures à 19h15, soit le temps d’un chapelet au moment de l’Angelus », précise le père Emmanuel Blondeau, recteur de la cathédrale.

Une façon de conserver à la relique la dimension de mystère qui est la sienne depuis douze siècles.