Chemin synodal allemand : on reconnaît l’arbre à ses fruits

28 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality

Au cours de l’année 2020, 221 000 catholiques ont officiellement quitté l’Eglise catholique en Allemagne. Loin de remettre en cause le progressisme triomphant, le président de la conférence épiscopale y voit une justification du chemin synodal.

La dernière étude concernant l’état du catholicisme en Allemagne, parue le 16 juillet 2021, aurait de quoi faire blêmir plus d’un évêque au-delà du Rhin : 221 000 catholiques ont profité de l’épidémie de Covid-19 pour s’éclipser discrètement durant l’année 2020.

Même si l’année 2020 marque une baisse du nombre de départs, l’effondrement n’en demeure pas moins bien réel : chaque année, plusieurs centaines de milliers de catholiques décident de tourner le dos à l’Eglise.

En 2021, 22,2 millions d’Allemands se déclarent catholiques, ce qui représente 26,7% de la population.

Une chute qui, ajoutée à la pandémie, a provoqué de profonds bouleversements dans la vie de l'Eglise : ainsi, le nombre de mariages catholiques célébrés en 2020 est tombé à 11 018, contre 38 537 l’année précédente.

Sans parler de la baisse de l’impôt ecclésiastique – cette manne versée à l’Eglise par tout fidèle se déclarant catholique – sur laquelle la Conférence des évêques d’Allemagne (DBK) n’a pas encore officiellement communiqué.

Ces chiffres calamiteux seront-ils de nature à provoquer un électrochoc au sein de l’épiscopat allemand ? Rien n’est moins sûr, quand on écoute Mgr Georg Bätzing, évêque du Limbourg et président de la DBK : pour lui, ceux qui ont quitté l’Eglise ont « envoyé un signal », celui du « pouvoir et du partage du pouvoir dans l’Eglise ».

Une politique de l’Autruche que vient ouvertement contredire une étude publiée le 14 juillet dernier par les protestants « évangéliques » du Wurtemberg et de Westphalie qui connaissent un effondrement équivalent en beaucoup de points à celui de l’Eglise catholique allemande.

Selon ce rapport, les fidèles de moins de quarante ans, qui sont parmi les plus nombreux à avoir quitté la pratique religieuse, avancent comme motif une rupture dans la transmission de la foi, qu’ils ne connaissent pas.

Difficile de croire, dans ce contexte, que le chemin synodal allemand – qui s’efforce d’aligner le catholicisme d’outre-Rhin sur le progressisme finissant d’une société sécularisée – puisse être au fondement d’un quelconque renouveau.