Chili : l’Eglise catholique malmenée

03 Août, 2009
Provenance: fsspx.news
Cardinal Francisco Javier ERRÁZURIZ OSSA

Ce 24 avril 2002, le Chili procède à un recensement, lequel a été pour le gouvernement l’occasion de faire la guerre à l’Eglise.

En effet, la conférence épiscopale a accusé le gouvernement de “manipulation” dans le but de faire croire à une grande perte d’influence de l’Eglise. Le gouvernement fit envoyer quantités de courriers électroniques destinés à convaincre les gens de ne pas se déclarer comme catholique, et plus précisément leur demandant de ne se déclarer catholiques que s’ils sont pratiquants.

Dans sa déclaration, le porte-parole de la conférence épiscopale, le cardinal Javier Errázuriz, stigmatise la tactique employée, affirmant qu’un « recensement n’est pas un procès de canonisation, et que dans ce cadre-là, un catholique peut ne pas être un bon catholique, mais reste catholique quand même. (…) Si les résultats du recensement devaient indiquer qu’il y a moins que 74% de catholiques, nous le déclarerons faux et manipulé. »

Cette réaction de la conférence épiscopale est heureuse. D’autant plus que les évêques du Chili penchent depuis de longues années vers la pente marxiste. On se souvient du cardinal Silva Henriquez, anti-marial, qui s’est distingué au concile par son avant-gardisme (cf. Le Rhin se jette dans le Tibre) ; il fut également un grand opposant au régime anti communiste du général Pinochet.

Aujourd’hui, l’Eglise est effectivement en perte de vitesse, ayant perdu 20% de la population, laquelle est passée aux sectes protestantes depuis le Concile. Le clergé peu formé, mais moderniste et imprégné des idées de gauche, reste puissant.

Les trop rares vocations qui fréquentent les séminaires sont membres de mouvements tels les Légionnaires du Christ (d’origine mexicaine, cette congrégation est actuellement en expansion) ou l’Opus Dei. Ceux-ci possèdent également de puissantes écoles et universités. L’Opus Dei tient en mains l’élite financière et politique. Joaquin Lavin, opposant au président socialiste actuel et probablement futur président, est membre de l’Opus Dei depuis 20 ans.

Actuellement, le gouvernement socialiste s’acharne à instaurer une politique anti-familiale, car jusqu’à ce jour le divorce et l’avortement ne sont pas légalement autorisés. L’absence de répondant de la part de la hiérarchie catholique se fait cruellement sentir. A tel point que le cardinal Medina – originaire du Chili – de passage en son pays, a fait scandale en déclarant publiquement qu’un catholique ne pouvait ni voter, ni favoriser ces lois. Son conservatisme en avait déjà fait la bête noire de la Conférence épiscopale il y a quelques années, jusqu’au jour où sa nomination à Rome a soulagé l’épiscopat chilien.

La Fraternité Saint-Pie X s’est longtemps adonnée à un apostolat populaire qui n’a pu avoir tous les fruits espérés, par manque de moyens. Très malmenée par une attaque virulente du cardinal Oviedo, il y a 6 ans, elle a aujourd’hui recentré son apostolat qui commence à porter des fruits. Le renfort de nouveaux prêtres (cinq prêtres travaillent à la “mission”) a permis en 5 ans d’ouvrir deux chapelles supplémentaires à Temuco et La Serena et une école a Viña del Mar. L’ouverture d’un nouveau prieuré se prépare pour l’année prochaine.

Petites “anecdotes” intéressantes : la Fraternité a « obtenu » la consécration du pays au Cœur immaculé de Marie par le sénateur Martinez Bush, en séance publique du Sénat, en 2001, résultat de plusieurs mois de travail. Et aussi, une visite au Général Pinochet durant laquelle le Padre Martin lui a imposé le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, patronne du Chili.

Elle aura la victoire.

(Source : correspondant DICI)

(Visitez la page web de la Fraternité Saint-Pie X au Chili : http://www.fsspx-sudamerica.org/es/priorato-cristo-rey)