Chili : un pas vers l’abîme

01 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Chambre des députés du Chili

Les députés chiliens ont approuvé en première lecture un projet de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté dans le pays. Le texte doit maintenant être examiné par la chambre haute. Si les sénateurs adoptent le projet de loi, le décret d’application  devra être publié par le ministère de la Santé dans les trois mois.

Au-dessus de Santiago, le ciel gris et lourd semble avoir revêtu les couleurs du deuil en cette après-midi du 20 avril 2021. La chambre basse du Parlement vient d’approuver par 79 voix pour, 59 contre, et une abstention, un projet de loi prévoyant de donner un cadre légal à l’euthanasie.

Le texte, fort de 40 articles, a été soumis à l’examen des députés le 14 avril dernier. Ambigu dans son intitulé – « Mort dans la dignité et soins palliatifs » – le projet a été voté quatre jours plus tard par une chambre qui se situe au centre droit de l’échiquier politique.

Pour faire passer la pilule aux députés, les patients atteints de troubles mentaux ont été écartés du projet lors des débats. La future loi s’appliquera donc aux personnes de plus de 18 ans, atteintes « d’une maladie incurable, irréversible et évolutive, sans possibilité de réponse aux traitements curatifs et avec une durée de vie limitée ».

Le patient devra être « conscient et sain d’esprit » ou « avoir laissé des directives anticipées indiquant explicitement son intention préalable ».

Deux médecins spécialistes seront tenus de certifier le caractère grave et incurable de la pathologie. De plus, un psychiatre devra attester que le patient jouit de toutes ses facultés.

La mise à mort sera réalisée dans un centre médical, par injection d’une substance létale : un geste qui pourra être réalisé par un médecin, ou par le patient lui-même…

Rosario Corvalan, juriste de l’association Communauté et justice, a suivi de près les débats : il regrette que le passage obligatoire par les soins palliatifs n’ait pas été retenu, lors de l’examen du texte : « on n’a pas voulu tenir compte de l’expérience d’institutions telles que la Faculté de médecine de l’Université catholique du Chili, qui démontrent que les soins palliatifs réduisent les demandes d’euthanasie d’au moins 50% », déplore-t-il.

Le texte approuvé par les députés a également rejeté toute intervention du comité d’éthique au sein de l’établissement de santé, dans le processus décisionnel devant mener à l’euthanasie : « c’est grave, car ces comités sont concernés en premier lieu par des questions aussi sensibles que l’euthanasie », souligne Rosario Corvalan.

La loi approuvée stipule enfin que les médecins et les institutions qui invoquent l’objection de conscience pour ne pas appliquer l’euthanasie auront l’obligation d’orienter le patient vers un autre centre, ce qui, estime encore Rosario Corvalan, est une violation de « la liberté de conscience, protégée par l’article 19 de la Constitution ».

Le projet viole surtout les droits inviolables du Créateur. S’il est bon de fournir des arguments de droit naturel, il faut aussi rappeler la loi divine, seule garante de ce droit naturel. L’oublier, c’est perdre la force même des arguments de la loi naturelle qui n’a de force qu’appuyée et soutenue par la loi divine.

La balle est désormais dans le camp d’un Sénat jugé conservateur, mais marqué par les idées de la droite libérale au pouvoir dans le pays : si la loi est approuvée, le gouvernement devra en publier le décret d’application dans les trois mois. Dans le cas contraire, le projet sera abandonné.