Chine : l’Etat va tenir les cordons de la bourse de l’Eglise

25 Avril, 2022
Provenance: fsspx.news
Palais de l’Assemblée du peuple, à Pékin

A partir du 1er juin prochain, une nouvelle étape de la sinisation des religions va être mise en œuvre avec la mise sous la tutelle de l’Etat des finances des différentes organisations religieuses présentes sur le sol chinois. Une mesure qui fragilise un peu plus l’accord provisoire signé entre la Chine et le Saint-Siège en 2018, et qui doit arriver à échéance dans quelques mois.

Le ministère chinois des Finances et l’Administration d’Etat pour les affaires religieuses (SARA) viennent d’annoncer la mise en place d’un dispositif conjoint concernant la gestion financière des cultes, notamment catholique.

Le nouveau règlement – qui doit entrer en vigueur le 1er juin 2022 – est officiellement conçu pour rationaliser les finances des différentes confessions religieuses qui exercent une activité sur le sol de l’empire du Milieu : recettes, dépenses, dons provenant de Chine et de l’étranger, etc.

En fait, par ce biais, le contrôle du gouvernent va singulièrement s’accroître sur toutes les activités religieuses : en théorie, les églises et leurs finances ne pourront être utilisées que suivant les instructions du Parti communiste chinois (PCC), et relèveront d’autant moins de la décision de l’évêque diocésain ou du curé de paroisse.

Or, de nombreuses églises catholiques conjointement reconnues par Pékin et le Vatican autorisent jusqu’ici les groupes dits « souterrains » – reconnus par le Vatican seulement – à utiliser leurs locaux pour leurs activités : à partir du 1er juin prochain, cela deviendra impossible.

Les nouvelles dispositions financières édictées par Xi Jinping constituent une étape supplémentaire dans la politique de sinisation de la religion, un processus officiellement lancé en 2015.

Déjà, en mars dernier, de nouvelles mesures administratives pour les sites internet religieux sont entrées en vigueur : depuis cette date, il n’est plus possible de diffuser quelque contenu religieux que ce soit sans y être autorisé.

Un mois plus tôt, était instaurée par décret une base de données numérique afin de contrôler et d’évaluer tous les personnels religieux en activité, une mesure qui s’applique au clergé catholique.

Autant de mesures qui rappellent, mutatis mutandis, ce qui s’est passé en France à partir de 1790, lorsque la Révolution a accéléré sa mainmise sur l’Eglise, avant de la persécuter ouvertement dans les mois et les années qui ont suivi.

Ce qui ressort de cet ensemble, c’est la fragilité de l’accord secret provisoire signé entre le Vatican et Pékin en octobre 2018, renouvelé en 2020, et qui arrive à échéance à l’automne prochain : fragilité confirmée à demi-mot par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège lors d’un entretien accordé à la presse avant Pâques, qui évoquait « éventuellement la nécessité de clarifier ou de revoir certains points ».