Colombie : le crucifix rabaissé à une « valeur culturelle »

11 Juin, 2022
Provenance: fsspx.news
La Cour constitutionnelle de Colombie sous le crucifix

La Cour constitutionnelle de Colombie a décidé que la présence d’un crucifix dans la salle plénière de la Cour ne viole pas la neutralité de l’Etat et ne conditionne pas les magistrats, il restera donc en place. Cette sentence n’était pas nécessaire pour constater que les précédentes décisions de la Cour sont largement en faveur de la culture de mort.

Le jugement de la Cour constitutionnelle de Colombie précise que « retirer le crucifix serait de l’hostilité antireligieuse et non de la laïcité », après avoir jugé dans la sentence du 1er juin que la présence d’une croix dans la salle plénière du même tribunal ne viole pas la neutralité de l’Etat ou conditionne les magistrats, elle restera donc en place.

Un citoyen avait en effet déposé une plainte affirmant que la présence du crucifix dans le palais de justice Alfonso Reyes Echandía impliquait prétendument que l’Etat assumait un « parti pris » et que sa présence pouvait contraindre les juges dans leurs décisions.

Valeur historique et culturelle, non religieuse

La Cour a assuré que les juges « n’ont pas été affectés dans leur jugement et leur objectivité » et que la présence du crucifix « ne constitue aucune forme d’exclusion ou d’endoctrinement ».

Elle a ainsi expliqué que le crucifix a une valeur historique, étant donné qu’il se trouve dans la salle plénière depuis son inauguration le 7 juin 1999, et a une valeur culturelle après avoir été sculpté par un artisan de Candelaria « au talent reconnu ».

Elle a rappelé que, selon l’UNESCO, l’identité culturelle est définie comme « les caractéristiques spirituelles, matérielles et émotionnelles distinctives, les arts, les lettres, le mode de vie, les croyances et les traditions ».

La décision de la Cour constitutionnelle colombienne, qui affirme que « retirer le crucifix serait une hostilité anti-religieuse », souligne que la Constitution de 1991 oblige à la neutralité de l’Etat face à la religion.

« Elle ne met pas son veto aux relations avec les Eglises, mais avec certaines elle le fait et avec d’autres non », a-t-elle expliqué, précisant que le fait que la religion catholique soit plus répandue « n’implique pas un traitement privilégié ».

Elle a demandé aux plaignants d’être « tolérants et respectueux des traditions culturelles ». En outre, le jugement fait référence à la jurisprudence comparative des hautes cours de la région ibéro-américaine.

Des juges autoritaires et anti-chrétiens

La réalité est que les magistrats du plus haut tribunal de Colombie ont démontré par les faits qu’ils méprisent tout ce que représente et symbolise le crucifix. Ce sont les mêmes qui ont abusé de leur autorité pour passer outre, de facto, le rôle du pouvoir législatif et s’arroger la souveraineté du peuple en légalisant l’avortement jusqu’à 24 semaines de gestation et l’euthanasie.

L’Eglise a provoqué elle-même cette situation

Lors d'une conférence donnée en 1975, Mgr Marcel Lefebvre a montré la nature destructrice de la liberté religieuse conciliaire en citant l’exemple de la République colombienne. Il a expliqué « qu’il était en Colombie lorsque le Président de la République a annoncé à la population, qu’à la demande du Saint-Siège on avait enlevé le premier article de la constitution qui stipulait : “La religion catholique est la seule religion reconnue par la République colombienne.”

« Il a exprimé son regret, comprenant que beaucoup de catholiques seraient surpris de penser qu’on ait supprimé le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ sur leur pays. Il a ajouté qu’étant catholique lui-même il s’efforcerait d’avoir toujours un immense respect pour la religion catholique et qu’il ferait toujours son possible pour l’Eglise, mais que désormais elle ne serait plus la seule religion reconnue officiellement par la Colombie.

« Le nonce a fait sur le progrès, le développement, la dignité humaine, un discours qui aurait pu être tenu par un franc-maçon. Et le président de la conférence épiscopale a prononcé un troisième discours en se référant tout simplement au document conciliaire sur la liberté religieuse, pour justifier que la religion catholique ne soit plus la seule reconnue dans la République colombienne.

« Le Président de la République avait précisé que 98 % des Colombiens étaient catholiques et 2 % seulement non catholiques. Ensuite j’ai su par le secrétaire de l’Assemblée des évêques qu’ils avaient pendant deux ans fait le siège de la Présidence de la République au nom de la Secrétairerie d’Etat de Rome pour en arriver là. » (Conférence à Barcelone, 29 décembre 1975)

Que l’on ne s’étonne donc pas du résultat, si l’on a chassé Jésus-Christ de la vie publique.