Congrégation pour le clergé : le changement, c’est maintenant

14 Juin, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Mgr Egidio Miragoli, évêque de Mondovi

Le pape François vient d’ordonner l’audit de la Congrégation pour le clergé. Une décision qui intervient au moment où vient d’être annoncé le nom du futur préfet du dicastère en charge de superviser plus de 410 000 prêtres dans le monde entier.

La nouvelle du prochain audit de la Congrégation pour le clergé commence à se répandre hors des hauts murs de la cité léonine dans la journée du 7 juin 2021, lorsque l’évêque de Mondovi écrit aux prêtres de son diocèse, pour leur annoncer que le souverain pontife venait de lui demander « une faveur », en marge de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques d’Italie (CEI).

Mgr Egidio Miragoli confie avoir été pris « par surprise » lorsque le pontife argentin l’a convoqué à Sainte-Marthe le 3 juin dernier, pour lui demander d’effectuer « en son nom » une visite au dicastère en charge de veiller sur le sacerdoce catholique.

Le prélat du nord de l’Italie précise que sa mission – prévue pour durer un mois environ – consistera à rencontrer individuellement la trentaine de membres que compte la Congrégation pour le clergé  – vingt-sept clercs et deux laïcs – et à remettre un rapport sur le bureau du pape.

La nouvelle intervient à la veille du départ de l’actuel préfet de la congrégation, le cardinal italien Beniamino Stella : le nom de son successeur, le coréen Lazzaro You Heung-sik, a d’ailleurs été annoncé par le Saint-Siège, le 11 juin dernier.

Une façon de procéder qui n’est pas sans rappeler une semblable visite à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, en mars dernier. Là aussi, le préfet du dicastère était sur le point d’être remplacé, après avoir atteint la limite d’âge prescrite par le droit canon.

Mais la ressemblance s’arrête ici. Si l’ancien patron du culte, le cardinal Robert Sarah, était présenté comme un homme davantage acquis aux idées du pape Benoît XVI qu’à celles de François, il n’en est pas tout à fait de même pour l’actuel préfet du clergé.

En septembre 2013, quelques mois après son élection, le nouveau pape mute le conservateur Mauro Piacenza à la Pénitencerie apostolique : ce qui peut être traduit, dans le langage employé oltretevere, par « enterrement  de première classe ».

A sa place, il nomme un homme de sa garde rapprochée, Mgr Beniamino Stella, un prélat formé à l’école des diplomates romains, et qui, selon le vaticaniste Marco Tosatti, aurait rapidement « purgé » son nouveau dicastère de tous ses membres « ratzinguériens ».

Après avoir atteint l’âge canonique de la retraite, le cardinal Stella verra même son mandat prolongé de cinq années supplémentaires : une longévité qui en dit long sur le rôle joué par le haut prélat sur l’échiquier de l’actuel pontificat.

Le choix de Mgr Miragoli pour effectuer l’audit de la Congrégation pour le clergé interroge à première vue, car le prélat ne s’est pas particulièrement signalé jusqu’ici comme faisant partie des cercles proches de Sainte-Marthe.

Mais notre homme a pour lui d’être un éminent professeur de droit canonique, membre, depuis 2019, de la Commission chargée d’examiner les delicta graviora – les délits les plus graves commis par des clercs – pour le compte de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF).

Quoi qu’il en soit, ce deuxième audit illustre l’une des multiples facettes du « style François », et manifeste probablement la volonté du pontife romain de contrôler davantage une Curie romaine qui l’a habitué à de nombreuses turbulences, en huit ans de pontificat.