Cosa Nostra bientôt excommuniée ?

20 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news
Cardinal Peter Turkson

Le Saint-Siège vient de constituer un groupe de travail de huit personnes chargées de lutter contre l’influence de la mafia, en examinant certains aspects « doctrinaux et canoniques ». Une éventuelle excommunication de la Pieuvre serait envisagée.

« Ils ne sont pas en  communion  avec Dieu : ils sont excommuniés ! » De qui parlait le pape François en formulant cet avertissement solennel ? De l’Eglise d’Allemagne enlisée dans les sables mouvants de son Chemin synodal, et prête à bénir des unions entre personnes de même sexe ?

Du débat qui fait rage aux Etats-Unis sur l’accès à la communion sacramentelle des hommes politiques faisant la promotion de l’avortement ?

Ni l’un ni l’autre, mais c’est la mafia qui est ici directement visée par le successeur de Pierre. Ces propos tenus en 2014, lors d’un déplacement du pontife romain en Calabre (Italie) viennent de trouver une nouvelle actualité en mai 2021, au moment où le Saint-Siège vient de mettre sur pied un groupe de travail devant plancher sur une future excommunication des  « mafieux ».

C’est au Dicastère pour le service du développement humain intégral, présidé par le cardinal Peter Turkson, que le pontife argentin a confié la mission de constituer un comité afin « d’approfondir ce thème [de l’excommunication des mafias], de collaborer avec les évêques du monde entier et de promouvoir et soutenir des initiatives ».

L’annonce de cette création pour le moins surprenante a été faite le 9 mai 2021, au lendemain de la béatification de Rosario Livatino, magistrat italien tombé sous les balles de la mafia sicilienne, le 21 septembre 1990.

L’objectif du nouveau groupe est « d'éliminer définitivement tout compromis possible d'un certain catholicisme avec les mafias », explique son coordinateur, Vittorio V. Alberti.

Cet historien et philosophe affirme qu’il est fondamental « d’affirmer une fois pour toutes qu'il n'est pas possible dans le monde d'appartenir aux mafias et de faire partie de l’Eglise ».

Depuis son élection, François s’est attaqué frontalement aux mafieux, qui pratiquent volontiers à l’église, et sont souvent des bienfaiteurs des paroisses. En  2018, il s’était rendu à Palerme pour rendre hommage au prêtre Giuseppe Puglisi, assassiné vingt-cinq  ans plus tôt (et béatifié en  2013) pour avoir cherché à tirer des tentacules de Cosa Nostra les jeunes d’un quartier défavorisé.

« On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux », avait lancé le pape. Une clarté et une rigueur qu’on souhaiterait également voir à l’œuvre dans le domaine de la défense de la foi et de la Tradition de l’Eglise.