Costa Rica : les évêques s’opposent au libre accès à la pilule du lendemain

18 Mai, 2021
Provenance: fsspx.news

La Conférence des évêques du Costa Rica (CECR) a exprimé sa consternation face à la décision du gouvernement de permettre à toutes les femmes qui le désirent, d’accéder à la « pilule du lendemain ». Un pas de plus vers la légalisation de l’avortement vient d’être franchi.

Le Costa Rica est souvent présenté comme l’une des démocraties les plus paisibles au monde. C’est oublier de dire qu’elle est devenue, au fil des années, l’une des plus progressistes : un comble pour un pays latin qui compte 62% de catholiques et 22% de protestants évangéliques.

Dernier épisode en date : la libéralisation de la pilule contraceptive dite « du lendemain », qui est désormais accessible gratuitement dans tous les établissements de soins du pays, par une décision du Fonds de sécurité sociale.

Il faut noter à ce sujet, que la pilule du lendemain a, dans un certain nombre de cas, une action contragestive, autrement dit, elle empêche un ovule fécondé – donc un enfant – de se fixer dans l’utérus : il s’agit donc d’un avortement. Un communiqué de l’Académie pontificale pour la vie du 31 octobre 2000 a fait une utile mise au point à ce sujet.

La Conférence des évêques du Costa Rica (CECR) n’a pas tardé à réagir : « cette décision viole le droit fondamental à la vie, qui est sacré parce qu’il implique dès le début l’action créatrice de Dieu », et que la créature « demeure toujours dans une relation spéciale avec son Créateur, qui est sa fin ultime », affirment avec force les prélats costariciens, dans un communiqué publié le 5 mai 2021.

Par conséquent, « Dieu seul est le Seigneur de la vie depuis son commencement jusqu’à son terme : personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer un droit de tuer directement un être humain innocent », rappellent les membres de la CECR.

Le pays n’en est pas à son coup d’essai en matière de libération des mœurs : en 2018 déjà, la Cour suprême avait déclaré inconstitutionnelle l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe.

Deux ans plus tard, le pays devenait le premier pays en Amérique centrale à légaliser cette pratique…

Comment en est-on arrivé là dans un pays à majorité catholique ? Tout remonte aux élections présidentielles de 2018 : cette année, le 1er avril… les Costariciens élisaient Carlos Alvarado à la magistrature suprême, avec près de 61 % des suffrages.

Agé de 38 ans, francophone, catholique non pratiquant de centre-gauche, le nouveau chef d’Etat a déjoué tous les pronostics, après avoir été crédité de faibles intentions de vote dans les différents sondages. Le scrutin, selon les observateurs, a vu s’opérer un « choc religieux », autour de la question du mariage homosexuel qui a clivé tous les débats.

La récente mesure de libéralisation de la pilule du lendemain est, quant à elle, un pas de plus vers une légalisation de l’avortement : début mars 2021, l’ONG costaricienne Mouvement pour un avortement légal, a présenté une initiative visant à dépénaliser l’avortement, qu’elle espère pouvoir déposer devant le Parlement si la proposition recueille au moins 170 000 signatures…

« Nous demandons qu’il ne soit pas permis de promouvoir une politique allant contre la vie de l’être le plus vulnérable qu’est l’embryon humain », alerte de son côté la conférence épiscopale, qui doute d’être entendue d’un exécutif peu enclin à défendre les valeurs de la vie, dans un pays où la natalité est déjà en berne depuis plusieurs années.