Covid-19 : le cardinal Müller rappelle leurs devoirs aux évêques

10 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news

Exploitation de l’épidémie de Covid-19 à des fins politiques, mise en garde contre certains hommes d’Eglise faisant preuve d’un zèle jugé excessif dans l’application des contraintes sanitaires : le cardinal Gerhard Ludwig Müller livre sa pensée sans détour, au risque de faire grincer des dents.

Un retraité combattif, libéré de son devoir de réserve : c’est l’image que donne, depuis plusieurs années, le préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF).

Dans un entretien accordé au National Catholic Register – média catholique conservateur – et publié le 2 décembre 2021, le cardinal Gerhard Ludwig Müller s’attaque à certains membres de la classe politique et médiatique qui auraient, selon lui, exploité la Covid-19 à des fins totalitaires.

Au risque d’être accusé de « dérive complotiste » par ses détracteurs, le haut prélat déclare ainsi : « dans beaucoup de cas, les mesures de restrictions ont été prises en fonction d’intérêts financiers et politiques, sous la pression des lobbies idéologiques et des géants du Big Pharma ».

Et de faire le reproche suivant : «  au lieu d’unir la société dans la lutte contre la pandémie, les pouvoirs politiques, les médias grand public et la Big Tech (technologie de pointe) ont exploité sans vergogne la situation, afin de promouvoir un mode de pensée totalitaire ».

L’ancien patron de la CDF ne ménage pas non plus ses critiques envers plusieurs évêques allemands qui, dans certains diocèses – dont celui de Berlin – n’ont pas hésité à restreindre l’accès à la messe dominicale aux fidèles présentant un passe sanitaire valide.

« Le fait que des évêques ont fermé leurs églises et refusé les sacrements à ceux qui réclamaient un secours spirituel constitue un péché grave, car ces prélats outrepassent l’autorité que Dieu leur a confiée », prévient le cardinal, qui voit là « une preuve choquante du degré de sécularisation et de déchristianisation de la pensée qui atteint jusqu’aux pasteurs du troupeau chrétien ».

A rebours des réactions de plusieurs prélats de l’Eglise d’Allemagne, Mgr Müller cite l’exemple de saint Charles Borromée, illustre archevêque de Milan qui n’a pas hésité à soigner lui-même les malades de la peste qui ravageait la ville, en 1576.

Car, pour le haut prélat, c’est bien le rapport de l’Eglise actuelle au monde, qui a été révélé par l’épidémie de SARS-CoV-2 : « les serviteurs du Christ dans le ministère apostolique ne doivent pas se comporter comme des courtisans à l’égard des dirigeants de ce monde, ni se faire leurs propagandistes. Les évêques, en tant que successeurs des apôtres, ne sont pas des dirigeants selon les voies du monde, mais des ministres de la grâce du Christ », prévient-il.

Et de rappeler qu’aucun « médicament ou invention technique ne peut sauver de la mort temporelle et éternelle. Seul le pain que Jésus donne est le remède à la mort éternelle – sans date limite – et la nourriture pour la vie éternelle. “Quiconque mangera ce pain vivra éternellement” (Jean 6, 51). C’est pourquoi, au début du deuxième siècle, l’évêque martyr Ignace d’Antioche, dans sa Lettre à l’Eglise d’Ephèse (20, 2), a pu appeler l’Eucharistie le “médicament de l’immortalité”. »

Pour finir, et histoire de se rappeler au bon souvenir de l’hôte de Sainte-Marthe, l’ancien évêque de Ratisbonne souligne : « selon notre foi catholique, le pape, en plus d’être le premier témoin de la révélation surnaturelle de Dieu en Jésus-Christ, est également le gardien suprême de la loi morale naturelle. Le magistère de l’Eglise a donc le droit et l’obligation de souligner les limites du pouvoir temporel, qui se termine à la liberté de foi et de conscience. »

Un coup de patte discret en direction d’un pontife argentin fort zélé en ce qui concerne l’application stricte des contraintes sanitaires, et qui aura été sûrement apprécié à sa juste mesure oltretevere.