Dans le couloir de la mort pour « blasphème » contre l’islam

14 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news
Manifestation demandant l'abolition des lois contre le blasphème

Au Pakistan, un chrétien, père de quatre enfants, a été condamné à mort pour « blasphème » contre l’islam, le 8 septembre 2020. L’avocat du prévenu – qui a défendu Asia Bibi dans une affaire similaire – prétend qu’il s’agit d’un acte de vengeance de l’employeur de son client, qui cherchait à lui faire embrasser de force la religion de Mahomet.

Saeed Ahmed Khokhar, musulman pakistanais, est propriétaire d’une entreprise de bonneterie. C’est lui qui porte plainte, le 2 octobre 2013, contre l’un de ses employés. Le plaignant prétend recevoir, depuis plusieurs jours déjà, des messages insultant l’islam sur son téléphone portable. Le coupable tout désigné : un chrétien, père de quatre enfants, Asif Pervaiz.

Apprenant l’accusation de blasphème portée contre lui – qui signifie la mort à plus ou moins longue échéance – Asif Pervaiz s’enfuit. Ses proches sont rapidement appréhendés par la police, puis forcés à révéler la cachette du fugitif : ce dernier est finalement mis en état d’arrestation, le 10 octobre 2013.

Sept longues années d’une détention pénible suivent alors pour Asif, dont le procès ne s’ouvre qu’à l’été 2020. L’issue, courue d’avance, n’a étonné personne : le père de famille chrétien a été condamné à mort le jour où l’Eglise fête la Nativité de la Vierge Marie.

« Saeed Ahmed Khokhar voulait convaincre mon client à se convertir à l’islam, et puisque celui-ci n’a pas accepté, il l’a accusé faussement de blasphème », a plaidé, sans convaincre le tribunal islamique tout acquis à la culpabilité du chrétien, Saif-ul-Malook, l’avocat musulman qui a également défendu la chrétienne Asia Bibi.

L’Eglise a réagi par la voix du père Qaisar Feroz. Le capucin, au nom de la Conférence des évêques du Pakistan, s’est exprimé auprès de Fides, le jour même : « la communauté chrétienne du Pakistan est profondément attristée par la condamnation à mort d’Asif Pervaiz. Nous demandons vivement au gouvernement du Pakistan de faire en sorte qu’il soit possible de revoir la décision de la Cour de manière à ce que justice soit faite. Le nombre des cas de dénonciation pour “blasphème contre l’islam” augmente de jour en jour au Pakistan », s’inquiète le religieux.

Selon l’ONG Centre pour la Justice sociale, fondée et présidée par Peter Jacob, un catholique pakistanais, depuis 1990, au moins 77 personnes ont été tuées dans le cadre d’exécutions sommaires en rapport à des accusations de blasphème.

Asif Pervaiz, quant à lui, fait appel du prononcé du jugement qui le condamne à mort. Il a d’ores et déjà – et pour combien de temps – retrouvé les murs humides de sa geôle, privé de l’affection des siens, mais fort de la foi qui l’anime.