Décès du R.P. Marziac, ardent prédicateur des Exercices de saint Ignace (1)

14 Janvier, 2022
Provenance: fsspx.news
La cathédrale de Strasbourg

D’après quelques notes autobiographiques.

Jean-Jacques Marziac est né à Strasbourg, le 2 juillet 1924, en la fête de la Visitation de la T.S. Vierge Marie. Et, comme il le disait lui-même, toutes les grandes étapes de sa vie ont été marquées par Notre Dame. Il fut baptisé le 3 août.

Le 24 mai 1936, en la fête de Notre Dame Auxiliatrice, il fit sa première communion au collège Saint-Clément, tenu par les pères jésuites à Metz.

Il fit sa promesse scoute, avec un de ses frères, le 17 août 1941. Cette promesse exerça une influence sur toute son existence. Il le reconnaissait : « Le grand camp routiers/scouts de France au Puy-en-Velay en août 1942 marquera toute ma vie. J’étais chef d’équipe et le père Doncœur, jésuite, nous fit un sermon d’au moins une demi-heure sur “le plus beau, le plus haut des services, celui de se donner à Dieu comme prêtre”.

« Il y a des phrases dont je me souviens encore aujourd’hui : “Posez-vous la question comme saint Paul, patron des Routiers/Scouts : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?” Je fus remué par ce sermon, et je ne fus pas le seul… »

L’année suivante, il répondit à l’appel du Maître : « Ce fut pendant le camp-école préparatoire pour devenir chef de troupe ou de clan, durant la Semaine sainte de 1943 que j’ai entendu non pas dans mes oreilles, mais dans le cœur le “Viens, suis-moi”, accompagné d’une consolation intérieure, durant le chemin de croix du Vendredi saint.

« J’entrai au séminaire des vocations tardives des Missions africaines en septembre 1944 pour finir mes études secondaires, surtout le latin. En septembre 1947, j’entrai au Noviciat qui, en ce temps-là, durait deux ans.

« Je pris la soutane le 16 novembre 1947 en la solennité de saint Pierre Claver, jésuite, grand convertisseur des Africains, travailleurs en Amérique. Ce même jour, Mgr Lefebvre était intronisé à Dakar. Ce n’est point du hasard. »

La découverte des Exercices de saint Ignace

Puis ce furent les cinq ans de formation au séminaire des Missions africaines de Lyon, et la découverte décisive des Exercices spirituels de saint Ignace. Le P. Marziac avoue avec simplicité :

« Comme j’étais un peu turbulent, mais sans faire de mauvais esprit, et par ailleurs insuffisamment métaphysicien, mon directeur spirituel me conseilla, m’imposa presque d’aller faire une retraite chez les Pères de Chabeuil, comme l’on disait alors. Cette retraite fut pour moi bouleversante ! Pour trois raisons :

1 – Elle se passa aux Mées dans les Basses-Alpes. Au 28 septembre 1951, nous étions 55 retraitants dont une quinzaine de prêtres et séminaristes, des officiers, des professeurs, des agriculteurs, toute profession. Pour tous le même enseignement magistral. Pas de confession avant deux jours.

2 – Le silence complet durant toute la retraite, sauf au repas de l’Enfant prodigue où il y avait des témoignages de conversions, de lumières exceptionnelles pour beaucoup, alors qu’au séminaire il y avait récréation après les repas…

3 – Pendant les repas, la lecture à table était la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ du père Théotime de Saint-Just. Ce fut une révélation pour moi, trop imbu encore par cette laïcité officielle de l’Etat, avec son libéralisme, et insuffisamment éclairé dans les cours du séminaire… »

La crise dans l’Eglise

Durant ses années de formation, le jeune Jean-Jacques Marziac dut faire face à la crise doctrinale qui déjà secouait l’Eglise : « Les Pères de Chabeuil et les hommes de la Cité catholique étaient des gêneurs un peu trop actifs pour la “nouvelle théologie” qui s’enseignait alors au scolasticat des jésuites de Fourvière à Lyon, surtout avec le père Henri de Lubac.

« J’étais moi-même séminariste au Grand Séminaire des Missions africaines de Lyon, quand parut l’encyclique Humani generis de Pie XII, le 12 août 1950. Dès la rentrée de septembre, le professeur de dogme nous commenta l’encyclique en nous précisant bien que c’était le père de Lubac qui était visé, ainsi que Maurice Blondel.

« Les ouvrages du père de Lubac étaient interdits. Il y eut du remous dans tous les séminaires de France. De plus, des séminaristes de la Faculté catholique de Lyon, anciens retraitants de Chabeuil, avaient osé critiquer ouvertement les théories de la “nouvelle théologie”.

« Il se fit alors une véritable cabale contre les fils du père Vallet et le mouvement de la Cité catholique. […)] Jean Ousset suivait les Exercices de saint Ignace chaque année chez les fils spirituels du père Vallet, ce fut lui qui fonda la Cité catholique et la revue Verbe. »

Quatre mois après son sous-diaconat, Jean-Jacques Marziac fit sa 2e retraite de saint Ignace, le 24 septembre 1953. Il écrit : « Cette retraite me confirma dans la puissance des Exercices et dans mon désir de devenir un saint missionnaire au milieu des difficultés à venir… »

Toutes ses hésitations se dissipèrent, surtout grâce à la « méditation des deux étendards », mise en pratique sur le terrain par le mouvement de la Cité catholique.

Le 11 février 1954, en la fête de Notre Dame de Lourdes, Jean-Jacques Marziac est ordonné prêtre. Il avoue avoir connu une « immense joie enthousiasmante ». Et il note avec exactitude que le 13 février, il célèbre sa 2e messe à Notre-Dame de Fourvière ; le 15 février, sa 4e messe sur le lieu du martyre de saint Pothin ; le 16 février, sa 5e messe sur la tombe du saint Curé d’Ars ; le 25 juillet 1954, en la fête de saint Jacques son second saint patron, une messe à la grotte de Lourdes.

Du 16 août au 17 septembre 1954, il fit sa 1re retraite de trente jours, à Chabeuil. Il reconnaît avec gratitude : « J’avais été ordonné quelques mois avant, ce fut la meilleure retraite de ma vie… A la fin, le père Barrielle directeur de l’œuvre des retraites en France, me remit le “Souvenir de famille”, grand imprimé de 42 pages. Tout y est dit pour donner les Exercices de saint Ignace de 30 jours et de 5 jours, selon l’esprit et la méthode du père Vallet. Mais quand le père Barrielle me le mit entre les mains, il ajouta : “Fils ! Vous partez en Afrique… Voici ces Exercices qu’il faut donner là-bas… Je vous en charge … Courage ! Tenez-moi au courant…” Le Père Barrielle fut mon directeur spirituel pendant 30 ans. »

A suivre...