Des journaux condamnés à propos du procès du cardinal Pell

07 Juin, 2021
Provenance: fsspx.news
Le cardinal George Pell pris à son bureau de la tour Saint-Jean en 2016

La Cour suprême de l’Etat de Victoria a infligé des amendes d’un total de plus d’un million de dollars à une douzaine de journaux australiens pour outrage à la Cour, à la suite de la couverture de la première condamnation du cardinal George Pell.

Le 4 juin 2021, le juge John Dixon de la Cour suprême de Victoria, a estimé que les douze journaux avaient « usurpé » le rôle du tribunal, en violant une « ordonnance de suppression de la condamnation », du cardinal Pell pour abus sexuels sur des enfants.

Cette disposition du droit interdit de publier un jugement du tribunal. Le cardinal Pell avait été reconnu coupable d’abus sexuels sur des enfants en décembre 2018, mais ce verdict ne pouvait être publié, parce que le haut prélat faisait face à un deuxième procès pour d’autres allégations.

Ce second procès n’a pas eu lieu, après l’abandon de ces accusations en février 2019. L’ordonnance de suppression a été levée une fois le second procès annulé. Pour rappel, la première condamnation a été annulée à l’unanimité de la haute Cour de l’Etat de Victoria, en 2020.

Le journal de Melbourne The Age s’est vu infliger la plus lourde pénalité, soit 450 000 dollars ; News Corp News.com.au devra payer 400 000 dollars. Neuf autres journaux 162 000 dollars, tandis que le Today show a été condamné à une amende de 30 000 dollars.

Une justice qui ne badine pas avec la présomption d’innocence

Selon le juge Dixon, les médias ont « pris sur eux » de décider « où se situe l’équilibre » entre le droit du cardinal Pell à un procès équitable et le droit du public de savoir. Autrement dit, de violer le droit à la présomption d’innocence pour un suspect déjà condamné dans un procès précédent.

Le juge Dixon n’a pas accepté l’excuse des médias, qui estimaient que les violations de l’ordonnance de suppression étaient dues à « une croyance honnête mais erronée que leur reportage ne contreviendrait pas à l’ordonnance ».

Il a même estimé que dans la plupart des cas, les reportages démontraient que les sociétés « n’étaient pas d’accord avec l’ordonnance de suppression et soutenaient (…) que les médias ne devraient pas être empêchés de rendre compte de l’issue du procès ».

Une addition salée

Les 12 sociétés de presse avaient déjà plaidé coupable d’outrage à magistrat, et avaient accepté de payer 650 000 dollars pour couvrir les frais de justice de l’accusation. Le total des sommes versées par les médias atteindra ainsi 1,7 million de dollars.

The Age a été spécialement ciblé par le juge. Il a estimé que les publications « constituaient un outrage de la plus haute importance » et « remettaient en cause l’autorité et la position de la Cour, et étaient susceptibles d’y porter atteinte ».

En février dernier, 14 organes de presse ont plaidé coupable pour 21 accusations d’outrage. Les sociétés ont présenté des excuses et accepté de payer 650 000 dollars pour couvrir les frais de justice de l’accusation.

Dans son jugement, M. Dixon a déclaré qu’il prenait en compte les « excuses » présentées au tribunal, mais qu’elles « ne démontraient pas un degré significatif de remords et de contrition », et qu’elles avaient été « présentées pour protéger leurs employés d’une condamnation pour les accusations d’outrage auxquelles ils étaient séparément confrontés ».