Des paroisses de Hong Kong ciblées par des militants prochinois

25 Juin, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
115000 personnes réunies au Parc Victoria, le 4 juin 2018

L’attaque était en relation avec la célébration de messes pour les victimes du massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989, dont le nombre n’est pas connu avec exactitude, mais qui s’élève probablement à 3 000 morts.

La réécriture de l’histoire

Depuis cette date tragique, le gouvernement chinois s’est appliqué à faire disparaître toute trace de ses méfaits. Ainsi, en Chine continentale, une grande partie de la jeunesse ignore cet événement du 4 juin 1989, dont on ne trouve la trace ni sur le web chinois, ni dans les livres d’histoire.

Elle s’efface même de la mémoire des plus âgés, qui ne veulent pas s’en souvenir, tant est grande la pression exercée sur les consciences et la crainte des répressions.

Pendant trois décennies, cependant, alors que toute commémoration du massacre était interdite en Chine, à Hong Kong, y compris après la rétrocession de 1997, la chose demeurait permise.

Chaque année, des dizaines de milliers de Hongkongais participaient à une veillée à la bougie, à la mémoire des victimes de la répression sanglante du « Printemps de Pékin », réunis au parc Victoria.

Mais même à Hong Kong il n’est plus permis de se souvenir. L’an dernier la commémoration avait été annulée à cause de la crise sanitaire. Quelques milliers de personnes avaient bravé l’interdit : plusieurs d’entre elles sont actuellement en prison.

Cette année, utilisant encore le prétexte du Covid, la célébration a été interdite. Mais désormais, par la magie de la nouvelle loi sur la Sécurité nationale, ceux qui voudraient participer à une célébration du massacre sont passibles d’une peine de 5 ans de prison.

Il est même interdit, le 4 juin, d’être habillé en noir et de porter une bougie. Ainsi, Chow Hang Tung, une des organisatrices des rassemblements des années passées, qui était encore en liberté, a été arrêtée pour avoir voulu allumer une bougie au parc Victoria.

Des églises menacées

Sept paroisses de Hong Kong avaient prévu de célébrer une messe en commémoration du massacre de Tiananmen, dans la soirée du vendredi 4 juin, à 20 heures, au moment où, depuis trente et un ans, les Hongkongais se sont rassemblés en masse dans le parc Victoria.

Cette cérémonie étant interdite comme nous l’avons vu, ces églises devenaient les derniers bastions de cette commémoration que Pékin cherche à étouffer par tous les moyens.

C’est ainsi que dans la nuit du 2 au 3 juin, de grandes banderoles sont apparues devant l’entrée de ces églises, munies de slogans vengeurs : « Les sectes envahissent la foi. L’antéchrist et les faux prophètes surgissent. Sous couvert d’adorer Dieu, ils incitent au chaos. Ils divisent la religion et ont les mains couvertes de sang frais. »

L’imposteur ou « l’antéchrist » désigne le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, le pourfendeur du Parti communiste chinois (PCC), dont le visage jauni est affublé d’un diable avec ses cornes. Un avertissement final signe l’intention de cette campagne : « Chrétiens, méfiez-vous de ne pas être amenés à violer la loi sur la sécurité nationale ! »

Les messes ont finalement pu avoir lieu, sous une surveillance accrue de la police, toute référence explicite au massacre de Tiananmen étant évitée. Cependant, les noms des 187 victimes connues, ont été lus au début de toutes les messes, mais la procession aux bougies qui devait clôturer la cérémonie a dû être annulée.

Mais combien de temps Pékin tolérera que l’Eglise hongkongaise soit le dernier refuge de la mémoire ?