Diplomatie vaticane : état des lieux en 2021

15 Février, 2021
Provenance: fsspx.news
Entrée de l'Académie pontificale ecclésiastique où sont formés les diplomates de l’Eglise

L’audience accordée par le pape François aux corps diplomatiques accrédités près le Saint-Siège est l’occasion de faire le point sur le bilan annuel des relations entretenues par le Vatican avec les différents Etats du monde.

L’activité diplomatique est régie par la deuxième section de la secrétairerie d’Etat qui l’incarne au quotidien, dans les nombreux pays au sein desquels l’Eglise exerce – ou tente d’exercer – une certaine influence.

Comme le rappelle le bureau de presse du Vatican, au mois de février 2021, pas moins de cent quatre-vingt huit Etats entretiennent des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

Il faut y ajouter l’Union européenne (UE) et l’Ordre souverain militaire de Malte. De plus, on dénombre quatre-vingt huit chancelleries d’ambassades basées à Rome, en prenant là encore en compte celles de l’UE et de l’Ordre de Malte.

S’y ajoutent les bureaux de la Ligue des Etats arabes, de l’Organisation internationale pour les migrants, et du haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Dans le cadre du bilatéralisme cher au Saint-Siège, plusieurs accords ont été passés ou renouvelés depuis un an : le 12 octobre 2020, un septième accord additionnel a été signé entre le Saint-Siège et la République d’Autriche, modifiant la Convention pour le règlement des relations patrimoniales passée le 23 juin 1960.

Ce protocole précise, entre autres, le montant des indemnités que l’Etat autrichien doit verser à l’Eglise, «  étant donnée la suppression de la dotation du clergé issue de l’ancienne législation ». Selon les termes de l’accord, l’Autriche s’engage à verser 17 295 000 euros par an à l’Eglise.

Le 17 janvier dernier, l’accord-cadre entre le Saint-Siège et la République démocratique du Congo, a été signé : il établit notamment la liberté de l’Eglise dans son activité apostolique. Divers domaines sont également réglementés : les établissements d’enseignement catholique, l’enseignement de la religion dans les écoles, l’activité caritative de l’Eglise, les soins pastoraux dans les Forces armées, les institutions pénitentiaires et hospitalières, et d’autres.

Le 7 septembre 2020, l’accord entre le Vatican et le Burkina Faso, signé le 12 juillet 2019, est entré en vigueur : pour la première fois, l’Eglise catholique jouit d’une existence juridique à part entière dans cet Etat africain.

L’Eglise déploie une action diplomatique dans le domaine de l’environnement : faut-il y voir un « effet François » ? Ou la volonté du Vatican de renforcer son influence dans le monde par le biais de l’écologie, suivant la stratégie du soft power ? Peut-être les deux…

Quoi qu’il en soit, le Saint-Siège a ratifié le 17 juin 2020, au nom de l’Etat de la Cité du Vatican, l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

Enfin, le 22 octobre dernier, le Saint-Siège et la République populaire de Chine ont accepté de proroger, pendant encore deux ans, la validité de l’accord provisoire sur la nomination des évêques en Chine, signé à Pékin en 2018.

Un accord dont les termes demeurent secrets à ce jour, et contre lesquels de grandes voix de la hiérarchie catholique s’élèvent, y voyant surtout une reddition sans condition au pouvoir totalitaire exercé par le nouvel empereur rouge, Xi Jinping.