Effacement de Noël : le Saint-Siège prie l’Europe de revoir sa copie

07 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news

Un projet émanant de la Commission européenne vise à frapper le mot Noël de damnatio memoriae, au nom d’une conception progressiste de la non-discrimination. Le Vatican a obtenu de Bruxelles que le texte soit refondu.

« Vive Noël, vive l’Europe du bon sens ! » Antonio Tajani, fondateur du parti Forza Italia ne contient plus sa joie sur les réseaux sociaux, en ce 30 novembre 2021.

Il faut dire que les santons de la crèche, l’Enfant-Jésus en tête, ont éprouvé un coup de chaleur assez inhabituel pour une fin d’automne : dans une réglementation interne, la commissaire européenne Helena Dalli – chargée de « l’égalité » – recommande de ne plus souhaiter « joyeux Noël », afin de manifester le respect des différentes traditions religieuses.

De même, l’expression « période de Noël » devrait céder la place à « période de vacances » : quand la culture de l’effacement et de l’annulation avance masquée sous les oripeaux de la « non-discrimination »…

La réaction ne s’est pas faite attendre oltretevere : mobilisant la « une » italienne du portail d’informations officiel du Vatican, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège en personne est intervenu pour dire haut et fort ce qu’il pensait de cette énième tentative de négation des racines chrétiennes de l’Europe.

Un phénomène qui, disons-le au passage, n’est pas confiné dans les couloirs de la Commission de Bruxelles : ainsi, l’Office du commerce de la ville de Besançon n’a-t-il pas hésité à pousser le ridicule en substituant la mention « Fantastique décembre » à celle, jugée discriminante, de « Joyeux Noël ».

Pour le cardinal Pietro Parolin, la mesure – qui voulait aussi interdire l’emploi de « madame » ou « mademoiselle » – est tout sauf anodine : « il y a là le risque de détruire, d’anéantir la personne, dans deux directions principales. La première, celle de la différenciation qui caractérise notre monde, et aujourd’hui, la tendance est malheureusement à tout niveler. »

« La seconde : l’oubli de ce qui est la réalité. Or, celui qui va à l’encontre de la réalité se met en grand danger. Et puis il y a l’annulation de ce que sont les racines, notamment en ce qui concerne les fêtes chrétiennes, la dimension chrétienne de notre Europe aussi. »

Car, pour le haut prélat, il ne fait aucun doute que « l’Europe (doive) son existence et son identité à de nombreuses influences, dont la principale, est le christianisme. » 

A Bruxelles, le message semble avoir été reçu cinq sur cinq, avec l’annonce du rétropédalage de la commissaire européenne : « le projet avait pour but de mettre en évidence le caractère inclusif de la Commission, mais ces lignes directrices ont clairement besoin d’être approfondies », a précisé Helena Dalli, ajoutant que le futur document révisé tiendra compte, c’est promis, des « préoccupations soulevées ».

L’Office du commerce de Besançon, campe, quant à lui, sur ses positions, ignorant – l’incompétence fait parfois sourire – que « fantastique » se définit dans le dictionnaire par « ce qui n’existe pas dans la réalité » : les commerçants bisontins apprécieront, eux qui doivent souhaiter que leur chiffre d’affaires pour Noël soit bien réel, tout sauf… “Fantastique” !