Emmanuel Macron veut une reconnaissance européenne du droit à l’avortement

20 Janvier, 2022
Provenance: fsspx.news

Dans un discours attendu devant les eurodéputés, alors que la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE) a débuté le 1er janvier pour six mois, Emmanuel Macron a pris la posture d’un futur candidat à sa succession à la tête de l’Etat français en ce mercredi 19 janvier.

Et pour faire bonne mesure, il a proposé « d’actualiser la Charte des droits fondamentaux [de l’UE], notamment pour être plus explicite sur (…) la reconnaissance du droit à l’avortement ». Le discours était destiné à présenter la ligne que suivrait la présidence pour ce mandat de 6 mois, mais M. Macron en a profité pour se situer vis-à-vis de ses futurs rivaux.

Le motif – ou plutôt le prétexte – à cette proposition est bien évidemment l’élection, la veille, de la nouvelle présidente du Président européen (cf. notre article d’hier), Roberta Metsola, une Maltaise antiavortement. Cette élection ayant créé une certaine polémique dans son propre camp, Emmanuel Macron se devait de prendre l’initiative.

Une proposition (heureusement) sans avenir pour l’UE…

Mais ceux qui connaissent le droit européen savent que la chose est – heureusement – quasi-impossible à réaliser. Car la révision de la Charte des droits fondamentaux ne peut se faire qu’avec l’accord unanime des Vingt-Sept. Et, à l’heure actuelle, il semble impossible que la Pologne soutienne l’introduction du droit à l’avortement dans la Charte.

Il est fort probable que d’autres pays montreraient une opposition à cette tentative, comme la Hongrie.

Quant à Malte, nous arrivons à l’impossibilité : il existe un protocole annexé au traité d’adhésion du pays à l’UE, qui lui garantit que la législation européenne, actuelle comme future, ne pourra modifier la loi nationale sur l’IVG ni en affecter l’application. L’Elysée a d’ailleurs confirmé que « la révision de la Charte des droits fondamentaux suppose un changement des traités ».

… mais qui annonce des nuages en France si Macron est réélu

Manon Aubry, de La France insoumise, n’a pas manqué de rebondir sur les conséquences dans le droit français : « Il ne suffit pas d’inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux. Encore faut-il le défendre, accepter le prolongement de son délai en France et ne pas pactiser avec des Etats comme la Pologne qui détruisent ce droit fondamental à disposer de notre corps ».

De plus, contrairement à ce qui est souvent proclamé, l’avortement n’est pas un droit au sens strict en France : il est seulement dépénalisé. Mais c’est une chose qui pourrait changer : et le futur candidat Macron a sans doute envoyé un signal fort en ce sens aux mouvements de gauche et aux féministes. Il pourrait être celui qui fasse passer le crime contre l’enfant innocent en un droit.