En Allemagne, les pèlerinages font aussi les frais de la Covid-19

12 Février, 2021
Provenance: fsspx.news
Marienschrein à Aix-la-Chapelle

Deux des plus prestigieux pèlerinages, dont l’origine remonte au Saint Empire, ont dû être reportés en raison de la nouvelle vague de l’épidémie de Covid-19 qui frappe l’Allemagne depuis plusieurs semaines.

Le SARS-CoV 2 aura finalement eu raison du traditionnel pèlerinage d’Aix-la-Chapelle. Tous les sept ans, depuis 1349, les pèlerins viennent d’Allemagne et du monde entier afin de vénérer les reliques reposant dans le  Marienschrein, ou châsse de la Sainte Vierge.

Quatre reliques insignes y sont notamment exposées : l’habit dont était vêtue la Vierge Marie lors de la Nativité du Verbe incarné, les langes de l’Enfant-Dieu, le drap dans lequel on enveloppa la tête de saint Jean-Baptiste après sa décapitation, enfin le pagne que portait le Christ lors de la Crucifixion.

Depuis plusieurs semaines, il devenait de plus en plus clair que le pèlerinage ne pourrait pas avoir lieu dans son format habituel : si 120 000 pèlerins avaient fait le déplacement à Aix en 2014, il aurait fallu se contenter cette année « d’un cadre strict et très limité », sans parler de « beaucoup d’idées qui auraient dû être rejetées », explique le père Rolf-Peter Cremer, prévôt de la cathédrale, le 4 février 2021.

Pour cette raison, l’ordinaire du lieu, Mgr Helmut Dieser, d’accord avec le chapitre cathédral, a décidé de reporter le pèlerinage en juin 2023 : à cette date là – veut-on croire – le spectre du coronavirus et de ses nombreux mutants se sera éloigné.

Un autre pèlerinage fait également les frais du coronavirus : celui qui rassemble de nombreux fidèles chaque année à l’abbaye de Kornelimünster, également appelée Saint-Corneille-sur-Inde.

Fondée par saint Benoît d’Aniane, sous le patronage de l’empereur Louis le Pieux en 814, l’abbaye bénédictine possède trois reliques insignes dans son trésor : le linteum domini, linge avec lequel le Seigneur a lavé les pieds de ses disciples lors de la dernière Cène ; le Sindon munda, linceul du Christ, et le Sudarium Domini, linge qui essuya la sueur du Christ et qui fut découvert dans son tombeau vide par saint Jean et saint Pierre.

L’abbaye abrite encore les reliques de saint Corneille et de saint Cyprien. Nommé Monasterium Sancti Corneli ad Indam, le sanctuaire est vite devenu l’un des points de départ vers Rome, la Terre Sainte, ou Compostelle.

Le diocèse de Münster a fait savoir que les pèlerins de Saint-Corneille devraient attendre eux aussi 2023, afin de vénérer les précieuses reliques.