En Italie, le débat sur l’euthanasie rebondit

19 Août, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Un bureau de signature de la pétition

L’euthanasie est revenue sur le devant de la scène politique italienne depuis qu’une pétition en faveur d’un référendum a dépassé la barre légale des cinq cent mille signatures. Le Vatican dénonce une « nouvelle forme d’eugénisme » et un « poison dangereux » pour la société.

Du côté du Comité promoteur – l’organisme italien chargé de la pétition en faveur d’un référendum sur la légalisation de l’euthanasie – on jubile : la barre des cinq cent mille signatures ouvrant la voie à une consultation populaire a été franchie le 16 août 2021.

« En exprimant notre profonde gratitude aux milliers de bénévoles qui consacrent une partie de leurs vacances à assurer le service public en vue d’exercer le droit de référendum, nous tenons à souligner que la collecte de signatures se poursuit avec encore plus de force, dans le but de recueillir au moins sept cent cinquante mille signatures d’ici le 30 septembre prochain, afin de garantir le résultat en écartant toute possibilité d’erreurs dans la collecte et le traitement des données », a indiqué le Comité.

Le but du référendum est d’abroger la loi actuellement en vigueur dans la Péninsule, qui punit de cinq à douze ans de prison toute personne se rendant coupable « d’instigation ou d’aide au suicide ».

La prochaine consultation populaire sera « le seul outil pour abroger la criminalisation du soi-disant ‘meurtre de la personne consentante’, et supprimer ainsi les obstacles à légalisation de l’euthanasie, sur le modèle de ce qui se pratique déjà aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg ou en Espagne », précise le Comité promoteur qui regroupe en son sein une nébuleuse d’associations militantes.

Du côté du Saint-Siège, on s’alarme d’un retour du débat sur l’euthanasie : « la tentation d’une nouvelle forme d’eugénisme est à l’œuvre : déjà, ceux qui ne sont pas nés en bonne santé ne doivent pas naître.

« Et comme si cela ne suffisait pas, on forge un nouveau concept de la santé selon lequel les vivants qui ne sont pas en bonne santé doivent mourir : c’est l’euthanasie. C’est un poison dangereux qui s’insinue dans notre culture », dénonce Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie.

Une clarté qu’on aimerait voir, chez le prélat, lorsqu’il s’agit de défendre le mariage chrétien contre les unions entre personnes de même sexe…

La protection des malades les plus vulnérables devrait donc être remise au verdict des urnes, et à la loi du grand nombre.

Rien de rassurant, surtout lorsqu’on se rappelle qu’en 2019, la Cour Constitutionnelle italienne avait jugé que l’aide au suicide n’était « pas punissable » dans certaines conditions, comprenant le « consentement éclairé » du malade, et uniquement dans les cas où le seul arrêt des traitements est susceptible d’entraîner la mort.