En Ukraine, découverte du plus grand charnier des purges staliniennes

30 Août, 2021
Provenance: fsspx.news
Joseph Staline

La récente mise à jour de charniers contenant les restes de plusieurs milliers de victimes du communisme en Ukraine a permis de remettre au premier plan de l’actualité les persécutions subies par de nombreux chrétiens, victimes du totalitarisme communiste.

Les Grandes purges – ou la Grande Terreur – communistes menées par Staline ont consisté en une campagne d’arrestations, de répression politique et de nettoyage ethnique au cours desquelles plus de 20 millions de personnes sont mortes, victimes d’exécutions pour des délits criminels et politiques, assassinées dans des camps de travail forcé et d’autres manières horribles.

Récemment, des fosses contenant les restes de 5 000 à 8 000 personnes sur un terrain situé près de l’aéroport d’Odessa ont été découvertes, grâce à l’Institut de la mémoire nationale d’Ukraine (IMNU), sur les rives de la mer Noire.

Le 25 août 2021, les autorités annonçaient que vingt-neuf fosses communes avaient été identifiées, contenant les restes mortels de victimes du Commissariat du peuple aux affaires intérieures (NKVD) sur un terrain de près de cinq hectares.

Cette découverte a été rendue possible par le travail de l’historien Odesius Oleksandr Babich, qui a retrouvé les documents relatant les exécutions de masse à Odessa.

Le responsable de l’antenne régionale de l’Institut de la mémoire nationale, Sergui Goutsaliouk, en est certain : la plupart des victimes ont été tuées d’une balle dans la tête par le NKVD, la police secrète soviétique et ancêtre du KGB. Des exécutions qui remontent aux années 1937-1939, sous la Grande Terreur stalinienne.

Toujours d’après M. Goutsaliouk, il ne sera pas possible d’identifier les victimes, les documents concernant ces purges étant classés secrets et conservés à Moscou, « qui ne les donnera pas » à l’Ukraine en raison des relations tendues entre les deux pays.

Mais le charnier d’Odessa n’est que peu de choses par rapport aux plusieurs centaines de milliers d’Ukrainiens qui, selon les historiens de ce pays, ont fait les frais du totalitarisme communiste : l’un des sites de mise à mort les plus connus se trouve dans la forêt proche du village de Bykivnia, en périphérie de Kiev, où des dizaines de milliers de victimes ont été enterrées.

L’IMNU a précisé : « Nous ne pouvons que spéculer sur la quantité de sang que le pouvoir soviétique a fait couler pour s’imposer à Odessa », car, selon la documentation, les tombes pourraient s’étendre du site prouvé jusqu’à une ancienne caserne militaire, ce qui en ferait le plus grand site funéraire communal de toute l’Ukraine.

Retour sur une persécution sanglante

Il n’est pas inutile de restituer le contexte de ces massacres de masse : à la fin des années 1920, Joseph Staline met un terme à la Nouvelle politique économique (NEP) de Lénine, afin de rétablir le pur communisme.

Après 1929 et pendant les années 30, les fermetures d’églises, les arrestations massives de membres du clergé et de laïcs religieux actifs, ainsi que la persécution des personnes qui fréquentent l’Eglise ont atteint des proportions sans précédent.

Le fer de lance de cette politique était la Ligue des militants athées (LMG) ou Société des Sans-Dieu ou encore L’Union des Sans-Dieu, une organisation antireligieuse formée de travailleurs et citoyens soviétiques durant la période 1925–1947.

Guidée par les principes bolcheviques et la propagande antireligieuse du parti communiste, la Ligue combat la religion sous toutes ses formes, et inculque l’idéal de la pensée scientifique parmi les travailleurs. La Ligue a fait fermer la plupart des lieux de culte de l’Union soviétique.

La LMG a utilisé des tactiques de terreur contre les croyants pour faire avancer sa campagne, tout en dissimulant ses actions sous le couvert de la protection de l’Etat et de la poursuite des contrevenants à la loi.

Des procès ont été organisés contre des évêques qui, avec leur clergé et leurs paroissiens laïcs, ont été dénoncés comme constituant des « bandes terroristes subversives » qui avaient été démasquées.

La propagande officielle de l’époque exigeait le bannissement de l’Union soviétique du concept même de Dieu. Ces persécutions devaient contribuer à l’objectif socialiste ultime d’éliminer la religion.

Plan quinquennal meurtrier

A l’image des plans quinquennaux économiques, stratégies de planification économique gouvernementales fixant des objectifs de production pour une période de 5 ans, établis en Union soviétique de 1929 à 1991, d’autres projets de même nom avaient des faces beaucoup plus sombres.

De 1932 à 1937, Joseph Staline décréta les « plans quinquennaux de l’athéisme » et la LMG fut chargée de l’élimination complète de toute expression religieuse dans le pays. Nombre de ces mêmes méthodes et tactiques de terreur ont également été imposées à d’autres personnes que le régime considérait comme ses ennemis idéologiques.

C’est ainsi qu’en 1932, le pouvoir soviétique resserre la pression sur les paysans d’Ukraine – les koulaks – coupables de n’en faire qu’à leur tête et suspects de nationalisme. Les représentants du Parti multiplient les réquisitions forcées, y compris dans les fermes collectives.

En 1932, les premiers effets de cette politique désastreuse se font sentir, avec une famine qui fera plusieurs millions de victimes – environ sept millions selon une estimation basse, famine orchestrée par Staline pour réprimer toute volonté indépendantiste.

Les historiens ukrainiens n’hésitent pas à donner le nom de génocide à cette famine meurtrière, planifiée par le « petit père des peuples ».