Erythrée : arrestation d’un évêque et de deux prêtres

21 Octobre, 2022
Provenance: fsspx.news
Mgr Fikremariam Hagos Tsalim

Des agents de sécurité ont arrêté et détiennent un évêque catholique et deux prêtres, a confirmé à ACI Afrique une source qui n’a pas souhaité être nommée, mais qui a affirmé que les rapports des medias sur l’arrestation de Mgr Fikremariam Hagos Tsalim était exacts.

Le 15 octobre, des agents de sécurité ont arrêté l’évêque Fikremariam Hagos Tsalim à l’aéroport international d’Asmara après son arrivée d’Europe, rapporte BBC News.

Mgr Tsalim, âgé de 52 ans, est évêque de l’éparchie de Segeneiti, située dans le centre de l'Erythrée, depuis le 24 février 2012.

Deux prêtres de son diocèse, le père Mihretab Stefanos, curé de la paroisse Saint-Michel de l’éparchie de Segheneity, et Abba Abraham, frère mineur capucin, ont également été arrêtés quelques jours plutôt. Les trois ecclésiastiques sont détenus à la prison d’Adi Abeto, selon Fides.

Les membres du clergé sont accusés d’avoir souligné les violations des droits de l’homme en Erythrée dans leurs homélies, a précisé la source, mais cette accusation n’a pas été officiellement portée.

« Nous avons juste besoin de vos prières en ce moment »

Les violations des droits de l’homme, a ajouté la source, comprennent « l’emprisonnement de parents (femmes et hommes), la mobilisation de jeunes gens emmenés de force sur les fronts de guerre [il s’agit de la guerre du Tigé, NDLR], la fermeture de maisons, et la confiscation des animaux de ceux qui ont refusé d’aller à la guerre ».

En mai, des responsables de plusieurs entités chrétiennes basées au Royaume-Uni ont exprimé leur inquiétude quant aux violations « injustes et continues » des droits de l’homme en Erythrée.

Dans une lettre adressée à l’ambassadeur d’Erythrée au Royaume-Uni et en Irlande, des responsables de Christian Solidarity Worldwide (CSW), de Church in Chains - Ireland, de Release Eritrea, de Human Rights Concern - Erythrée et de l’Eglise orthodoxe érythréenne au Royaume-Uni, ont souligné de multiples exemples de violations des droits humains.

« Nous restons préoccupés par la poursuite de la détention injuste, arbitraire et indéfinie de dizaines de milliers de citoyens érythréens dans des conditions difficiles, y compris des centaines de chrétiens emprisonnés uniquement en raison de leur foi », ont déclaré les responsables de ces organisations dans leur lettre du 20 mai adressée à l’ambassadeur Estifanos Habtemariam Ghebreyesus.

Les dirigeants chrétiens se sont également dits « consternés par les informations faisant état de pertes de vies érythréennes dans la guerre en Ethiopie voisine, y compris celles de conscrits et de mineurs ».

Saisies illégales

En août, le gouvernement érythréen a pris le contrôle de la Hagaz Agro-Technical School (HATS), un établissement d’enseignement catholique créé et dirigé par les Frères des écoles chrétiennes.

L’école agro-technique de Hagaz « offrait depuis 23 ans une formation aux machines agricoles, à l’élevage des cultures et des animaux, ainsi qu’à la conservation des sols », rapporte la BBC.

Cette saisie est la dernière en date d’une série de confiscations gouvernementales en Erythrée depuis 2019. Le gouvernement s’appuie sur un règlement de 1995 qui limite les activités des institutions religieuses pour justifier la confiscation des biens.

Les évêques se sont opposé en vain à ces confiscations illégales. L’arrestation de l’évêque de Segeneiti apparaît comme une nouvelle intimidation du pouvoir contre les évêques qui dénoncent les conditions terribles de la guerre au Tigré et les conséquences qui atteignent leurs fidèles dans leurs vies et dans leurs biens.