Espagne : les évêques refusent d’être les boucs émissaires

08 Juin, 2022
Provenance: fsspx.news
Mgr Luis Argüello

Les évêques espagnols ont annoncé le 29 avril 2022 qu’ils ne participeront pas à la commission d’enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l’Eglise, même si ses instances « collaboreront avec les autorités civiles » dans le cadre exigé par la loi espagnole. L’épiscopat espagnol a dénoncé le fait que les investigations ne visent que l’institution ecclésiastique et non pas toute la société.

Le congrès espagnol a voté début mars 2022 la création d’une commission d’experts chargée de mener la première enquête nationale sur les abus sexuels commis dans un contexte ecclésial dans le pays, encouragé par le journal El País qui avait lancé sa propre enquête en 2018.

Quelques jours avant le vote du parlement, la Conférence épiscopale avait annoncé qu’elle mènerait sa propre enquête, à l’instar de ce qu’ont fait les évêques aux Etats-Unis, en Irlande et en France, rapporte l’agence d’information américaine Crux.

« Le fait de mener une enquête sur les abus uniquement au sein de l’Eglise, alors qu’il est clair que sur les 15.000 cas ouverts en Espagne, seuls 69 font référence au contexte ecclésial, est une décision surprenante », a justifié Mgr Luis Argüello, porte-parole de la conférence épiscopale espagnole.

Mgr Argüello a fait valoir qu’une autre enquête ouverte par le gouvernement régional de Catalogne était « plus cohérente ». La commission catalane doit en effet examiner l’ensemble des institutions de la région, y compris l’Eglise.

Le cabinet d’avocats Cremades a été mandaté pour mener l’enquête de l’Eglise et celle de l’Etat espagnol. Mgr Argüello a appelé toutes les victimes à « utiliser tous les canaux qu’elles jugent nécessaires pour dénoncer » les abus, qu’il s’agisse de la justice, des médias ou de l’Eglise.

Le porte-parole a estimé que le plus important était que la société dans son ensemble puisse réaliser ce travail de vérité sans que l’Eglise « assume le rôle de bouc émissaire. Afin qu’une prise de conscience se produise dans la société et que le problème des abus soit abordé dans toute son ampleur ».