Etats-Unis : à Boston, les satanistes en appellent à la liberté religieuse

10 Février, 2021
Provenance: fsspx.news
Maison municipale de Boston

Une association qui se réclame du satanisme, a entamé une procédure judiciaire à l’encontre du conseil municipal de Boston, au motif d’être systématiquement empêchée d’effectuer sa prière – satanique – avant les réunions, alors que les chrétiens y sont autorisés.

Il s’agit là d’une histoire comme seuls les Etats-Unis, pays de tous les possibles, sont capables d’en fabriquer. L’organisation du Temple satanique a été fondée en 2013 : ce mouvement qui se revendique « non-théiste », se réfère à Satan, non comme à une divinité, mais à des fins politiques et libertaires.

De très lointaine inspiration nietzschéenne, l’objectif assumé du Temple satanique, est de combattre l’influence des courants chrétiens conservateurs dans la société américaine : au moment de Noël, il n’est pas rare de voir ainsi fleurir dans les rues des Snaketivity – littéralement, « scènes du Serpent » – afin de parodier les traditionnelles crèches, ou Nativity.

Depuis la fin du mois de janvier 2021, le torchon brûle entre le conseil municipal de Boston, et la branche locale du Temple satanique, basée à Salem.

Selon la démoniaque organisation, la politique du conseil municipal serait discriminatoire à son encontre, et même contraire à la Constitution américaine : il est en effet de tradition – dans un pays fondé sur la liberté religieuse – que chaque édile fasse appel à un invité extérieur de son choix, afin de prononcer la prière d’ouverture préparatoire à certaines réunions durant l’année.

Or il semble que le conseil municipal de Boston ait refusé à trois reprises ce privilège au Temple satanique.

De son côté, Lucien Greaves, l’un des cofondateurs de l’organisation, se défend auprès du Boston Herlad, le 26 janvier 2021 : « il est hors contexte de voir dans notre démarche une action anti chrétienne », explique-t-il, insistant sur le fait de « vouloir simplement faire appliquer la liberté de religion ».

Des arguments jugés assez faibles par les édiles de Boston, peu enclins à laisser résonner entre leurs murs quelque complainte à Satan que ce soit. L’affaire est désormais devant les tribunaux. 

Depuis 2015, le Temple satanique est reconnu comme religion outre-Atlantique, ce qui ne laisse pas d’étonner eu égard au caractère athée de l’organisation : mais, aux Etats-Unis on n’est pas à un paradoxe prêt.

Quant à nos satanistes, ils justifient leur action par la poursuite de leurs sept principes fondamentaux, à savoir : la compassion et l’empathie, la lutte pour la justice, l’inviolabilité du corps, les libertés, la non-déformation des faits scientifiques, la réparation des erreurs et torts commis, la prévalence de la compassion, de la sagesse et de la justice. On croit rêver.

Décidément, saint Augustin avait raison de dire que « le Diable est le singe de Dieu ».