Etats-Unis : l'évêque de Madison demande de communier sur la langue

28 Mai, 2017
Provenance: fsspx.news
Monseigneur Morlino a récemment célébré le Saint Sacrifice ad orientem.

Le 11 avril, Mgr Robert Morlino, évêque de Madison, aux Etats-Unis, a demandé aux catholiques de son diocèse de recevoir la sainte communion à genoux et sur la langue. 

Dans son sermon lors de la messe chrismale du Jeudi Saint, Monseigneur Morlino a commenté les propos du cardinal Sarah concernant la « crise de foi » actuelle. Revenant sur les mots du cardinal, l'évêque a déclaré : « Cette crise est une crise de la prière, car, comme on croit, on prie. La foi et la prière ne peuvent jamais être séparées. Et quelle est la prière la plus importante ? La Messe ! » 

L'évêque estime que l'un des principaux moyens pour développer la foi est le respect pendant la messe. Il a demandé aux prêtres de son diocèse d'encourager les gens à recevoir la communion sur la langue et à genoux. 

Selon le Père Richard Heilman, sur le blog Roman Catholic Man, Monseigneur Morlino a déclaré : « Je vais demander que nous nous mobilisions pour un plus grand respect lors de la réception de la sainte communion. Je vais demander que les fidèles soient encouragés à recevoir la communion sur la langue et à genoux... Il ne fait aucun doute que la communion sur la langue est plus révérencieuse. Et cette forme ne se prête pas à un comportement désinvolte. Je vais demander, qu’à partir de l'automne, nos élèves apprennent à recevoir la communion sur la langue. » 

Monseigneur Morlino a été l'un des premiers évêques à répondre à l'appel du cardinal Sarah pour célébrer ad orientem. Il a également fait remettre les tabernacles sur les autels principaux des églises du diocèse. Bien qu'il ait malheureusement demandé aux fidèles de son diocèse de ne pas assister aux messes de la Fraternité Saint-Pie X, de peur d’adopter ce qu'il a appelé « une mentalité schismatique », il célèbre lui-même souvent la messe traditionnelle et l'a encouragée dans son diocèse.

La communion sur la langue : une tradition apostolique 

Comme le Père Heilman le souligne ailleurs, la communion sur la langue est une tradition apostolique. A l’appui, les écrits des Pères de l'Eglise, des conciles et des papes. Au 6e concile œcuménique de Constantinople (680-681), par exemple, les fidèles furent expressément interdits de prendre l'hostie sacrée dans leur main, et les transgresseurs furent menacés d'excommunication. Saint Thomas d'Aquin enseigne : « Par révérence envers ce sacrement [la Sainte Eucharistie], rien ne la touche qui ne soit consacré ; le corporal et le calice sont consacrés, ainsi que les mains du prêtre, pour toucher ce sacrement " (Summa Theologica, Pars III, q. 82, art. 3).

St. Mary’s à Pine Bluff dans l’état du Wisconsin

Communion dans la main : un compromis face aux abus ?

« La pratique consistant à recevoir la communion dans la main n'a pas été requise par le concile Vatican II et n’a pas non plus été introduite en réponse à la demande des laïcs », affirmait le cardinal Ranjith en 2008. Au contraire, déclarait-il, cette pratique de piété établie - recevoir l'eucharistie à genoux et sur la langue - a été changée « de manière incorrecte et précipitée ». 

De fait, cette pratique abusive a commencé à se répandre dans les milieux catholiques au début des années 60, principalement en Hollande. Comme cela se propageait après Vatican II, à partir de la Hollande, en Belgique, en France et en Allemagne, le pape Paul VI fit faire une enquête auprès des évêques du monde entier, afin de connaître leurs opinions sur le sujet. Le 28 mai 1969, la Congrégation pour le Culte Divin, après avoir examiné les réponses des évêques, publiait sa conclusion : « D'après les réponses reçues, il est clair que, de loin, le plus grand nombre des évêques estiment que la discipline actuelle [c.-à-d., la sainte communion sur la langue] ne devrait pas être modifiée du tout ; en effet, si cela était changé, cela offenserait la sensibilité et le jugement spirituel de ces évêques et de la plupart des fidèles » (Memoriale Domini, 28 mai 1969).

Cependant, Paul VI fit un compromis avec les évêques désobéissants et, au vu de « la gravité de la situation », il n’autorisa pas la Communion dans la main, mais il accorda un indult (exception à la loi) sous les conditions suivantes :

  • L'indult ne pouvait être donné à un pays où la communion dans la main n'était pas déjà une pratique courante ;
  • Dans les pays où l’indult serait accordé, les évêques devaient approuver la pratique "par un vote secret et à la majorité des deux tiers". 

De plus, le Saint-Siège établit sept règles concernant la communion dans la main. Le non-respect de ces règles pourrait entraîner la perte de l'indult. Il était demandé de :

  • Respecter ceux qui continueraient la pratique traditionnelle (recevoir la communion à genoux et sur la langue) ;
  • S’assurer du respect pour l'Eucharistie ;
  • Renforcer la Foi en la présence réelle.

Une fois la porte ouverte cependant, l’indult devint la norme pour la communion des laïcs.

Pression aux États-Unis

La communion dans la main a été officiellement autorisée aux Etats-Unis en 1977, sous la pression et en raison de la manipulation de l'archevêque Joseph Bernardin, alors président de la Conférence nationale des évêques catholiques (NCCB). Incapable de réunir la majorité des deux tiers, il collecta « les votes des absents », de tous les évêques qu'il put trouver, y compris ceux qui, retraités, n'administraient plus de diocèses.

Aujourd'hui, la Conférence épiscopale des Etats-Unis indique clairement que la communion peut être reçue dans la main ou sur la langue, décision qui doit être prise par celui qui communie, et non par le ministre qui la distribue.

Perte du respect envers l'Eucharistie

Les règles établies par Paul VI comme conditions pour jouir de l'indult ont surtout été ignorées. La pratique abusive a entraîné les manques de respect et les blasphèmes habituels, et donc la diminution (si ce n’est la perte) de la foi en l'Eucharistie en raison de la corrélation entre action et pensée : lex orandi, lex credendi.

Pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, il est temps que les évêques prennent des mesures pour supprimer cette pratique offensante et abusive, qui est devenue la norme à la faveur d'un indult accordé par faiblesse et sans contrôle.