Etats-Unis : l’avortement au cœur de l’élection présidentielle

14 Octobre, 2020
Provenance: fsspx.news
Joe Biden à Miami, le 5 octobre 2020

Le prétendant démocrate à la succession de Donald Trump vient de s’engager, s’il est élu, à graver l’interruption volontaire de grossesse dans le marbre de la loi fédérale. Une promesse qui a immédiatement fait réagir les défenseurs de la vie outre-Atlantique.

A soixante-dix-huit ans, le candidat démocrate à la Maison Blanche n’a rien perdu de sa souplesse. Du moins dans l’art du volte-face.

Jusqu’en 2019, l’ancien vice-président de Barack Obama ne ménageait pas ses critiques à l’encontre de l’arrêt Roe v. Wade, qui entrouvre la porte à l’avortement aux Etat-Unis depuis 1973.

Mais la perspective de l’élection présidentielle a sensiblement bouleversé la donne, et transformé le prétendant à la succession de Donald Trump, en un protecteur de plus en plus assumé du « droit des femmes à la santé reproductive ».

Interrogé lors d’une étape de sa tournée électorale, diffusée en direct le 5 octobre 2020 sur la chaîne NBC, Joe Biden a été invité à préciser davantage sa position sur l’avortement.

Une question devenue d’une actualité brûlante, depuis le choix du président Trump de soutenir comme candidate à la Cour suprême, la catholique Amy Coney Barret. Si cette dernière était confirmée par le Sénat, la plus haute juridiction américaine pourrait théoriquement revenir sur l’arrêt de 1973.

« Primo – a répondu Joe Biden devant des millions d’Américains – nous ne savons pas exactement ce que [Amy Coney Barrett] fera, bien qu’il soit probable qu’elle revienne sur Roe v. Wade. Dans ce cas, la seule réponse à apporter, serait de faire de l’arrêt de 1973 une loi fédérale s’appliquant à tout le pays ; et c’est ce à quoi je m’engage. ».

Commentant cette promesse, Kristen Day, directrice de Democrats for Life of America, a affirmé qu'il était « triste de voir [Joe Biden] passer de la reconnaissance de la dignité humaine de l’embryon, à l’engagement à légiférer en faveur de l’avortement ».

Le lendemain 6 octobre, c’est au tour de Donald Trump – tout juste sorti de l’hôpital militaire Water Reed, après avoir contracté le coronavirus – d’intervenir, pour rappeler que « Joe Biden (venait) de prendre une décision plus libérale sur Roe v. Wade, qu’Elizabeth Warren », la sénatrice du Massachusetts incarnant l’aile progressiste du Parti démocrate.

Distancé pour l’heure par son concurrent dans les sondages, le président sortant tente de fédérer activement autour de son nom un électorat chrétien conservateur, attaché à la défense de la vie, afin de faire la différence dans les « swing states » – ou Etats-pivots – qui décideront de l’issue d’un scrutin prévue le 3 novembre prochain.