Etats-Unis : la Chambre des représentants adopte la théorie du genre

15 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news

Du passé faisons table rase : un sentiment qui prédomine outre-Atlantique, depuis l’adoption, par la Chambre des représentants, du Pacte sur l’égalité – Equality Act – le 25 février 2021, après seulement six jours d’examen. Si le Sénat va dans le même sens, la libre orientation sexuelle deviendra un droit civil.

Il aura fallu à peine une semaine pour que la Chambre basse du Parlement américain entérine la législation de la théorie du genre : approuvée à 224 voix pour, et 206 contre, la nouvelle loi vise à interdire toute « discrimination » fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, dans tous les domaines de la vie sociale.

Durant l’examen du projet de loi, la Conférence des évêques des Etats-Unis (USCCB) a manifesté sa ferme opposition, soulignant que le projet consacrait l’idéologie du genre, réduisant le mariage à une construction sociale artificielle.

Dans leur lettre ouverte publiée le 23 février dernier, l’USCCB prévient que les associations religieuses – comme d’autres pans de la société – seront soumises à de nombreux tiraillements dans un avenir proche : «  les responsables paroissiaux devront employer des salariés dont les mœurs vont à l’encontre de leur conscience, les femmes devront partager leur vestiaire avec des transgenres, les agences d’adoption devront confier des enfants à des couples de même sexe, tous sous peine de devoir fermer », prédisent les représentants de l’épiscopat.

De plus, le Pacte sur l’égalité devrait avoir un impact sur le financement de l’avortement, interdit jusqu’ici au niveau fédéral. Comme l’a noté Melanie Israel, responsable de Heritage Foundation, la « discrimination sexuelle » s’étend désormais à « la grossesse, l’accouchement ou un problème de santé connexe ».

S’opposer à l’avortement peut donc être considéré comme une forme de discrimination : ainsi, la nouvelle loi « contiendrait une base juridique pour forcer les contribuables à payer pour des IVG de confort », relève la juriste.

Yvette Herrel, membre du Congrès ne s’y trompe pas : « en vertu de la nouvelle loi, c’est Washington qui décide en fin de compte de la moralité de nos enfants et de nos églises », a déclaré l’élue républicaine.

Adoptée par la Chambre des représentants, la loi doit désormais être examinée au Sénat, où les démocrates ne disposent que d’une très courte majorité, avec une seule voix d’avance : celle du « démocrate conservateur » – et surtout imprévisible – Joe Manchin, élu de Virginie-Occidentale.

Pour sa part, le nouveau chef de l’exécutif américain, Joe Biden, demeure confiant : le second président catholique de l’histoire des Etats-Unis a promis de signer le Pacte sur l’égalité dans les cent premiers jours de son mandat…