Etats-Unis : le Coran à la Chambre des représentants d’un Etat

19 Février, 2021
Provenance: fsspx.news

Grande première dans l’Etat du Delaware : une femme élue à la Chambre des représentants, dans la foulée de l’élection du démocrate Joe Biden au poste de président, a prêté serment, voilée, sur le Coran.

La scène a un côté surréaliste. Nous sommes à la maison d’Etat de Dover (Delaware) en cette fin de matinée du 4 février 2021 : la tête couverte d’un ample hijab de couleur beige, et vêtue d’une longue abaya de soie verte, la démocrate Madinah Wilson-Anton prête serment d’être fidèle à la Constitution américaine, sur un exemplaire du Coran appartenant à son père.

Un geste lourd de sens quand on se rappelle que le Coran véhicule comme vision de la société l’oumma, ou communauté des croyants obéissant exclusivement aux lois de l’islam : on est aux antipodes de la Constitution américaine, mais passons.

La jeune femme, âgée de vingt-sept ans, musulmane pratiquante, a été élue avec 71% des voix, en novembre 2020 à la Chambre du Delaware – là-même où le nouveau président des Etats-Unis fut sénateur de 1973 à 2009 – afin de représenter le vingt-sixième district de cet Etat.

A cette occasion, la nouvelle représentante est intervenue pour défendre sa vision d’un islam ouvert, regrettant le « stéréotype », selon lequel les « femmes musulmanes voilées sont victimes puisqu'elles ne sont pas libres d'être elles-mêmes ».

L’élue du Delaware est également intervenue sur les réseaux sociaux. En réponse à un tweet en langue française ironisant : « Pendant qu'en France des députés veulent interdire le voile à l'université, aux Etats-Unis Madinah Wilson-Anton vient d'être élue à la Chambre des Représentants du Delaware », la représentante s’est déclarée « fière de représenter la beauté de l’islam et de servir (sa) communauté », précisant que « la liberté religieuse devrait être un droit pour tout le monde ».

La question est de savoir si la « communauté » évoquée est bien celle du vingt-sixième district...

Si la prestation de serment d’une femme voilée était inédite à la Chambre des représentants du Delaware, le fait de jurer sur le Coran n’est plus une première aux Etats-Unis : le 4 février 2020, le chef de la police du New Jersey prêtait lui aussi serment sur le Coran. De même en 2015, une juge new-yorkaise, qui n’est cependant pas allée jusqu’à porter le voile.

En 2006, le démocrate Keith Ellison – premier représentant de confession musulmane – prêtait serment sur un Coran ayant appartenu à Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, créant alors la polémique outre-Atlantique.

La prestation de serment de la représentante du Delaware semble en avoir fait réagir plus d’un dans l’Hexagone. A un autre tweet en français louant le « pluralisme » américain, et regrettant « de ne pas pouvoir voir cela en France », Madinah Wilson-Anton assure : « on le verra un jour ». Un tweet prophétique ?