Etats-Unis : le mariage homosexuel voit la vie en rose

02 Décembre, 2022
Provenance: fsspx.news
Cardinal Timothy Dolan

Après la Chambre des représentants, c’est au tour du Sénat de voter en faveur d’un amendement visant à inscrire dans la Constitution le mariage entre personnes de même sexe, ouvrant la voie à un vote par le Congrès avant le début de l’année 2023. Les évêques américains conservateurs dénoncent une menace contre la liberté religieuse.

« Respect du mariage » – Respect for Marriage Act – est l’ultime amendement progressiste que l’administration Biden tente de faire passer à la hussarde, avant que la législature, sous laquelle les démocrates sont encore majoritaires, ne prenne fin, au début de janvier 2023.

Le projet a pris corps dans la foulée de la décision de la Cour suprême de juin 2022, remettant en cause le droit fédéral à l’avortement, et surtout depuis qu’un juge suprême, le très conservateur Clarence Thomas, a laissé entendre que le mariage homosexuel serait désormais dans le viseur de la plus haute juridiction américaine, garante de la Constitution du pays.

Sans surprise, la Chambre des représentants a largement voté en faveur de l’amendement, en juillet 2022, les 220 députés démocrates ayant été rejoint par 47 républicains. Mais pour assurer le vote au Sénat, au sein duquel la majorité démocrate est ténue, il fallait rassurer les membres du GOP – Grand Old Party, le surnom du parti républicain – présents dans la haute assemblée.

Pour ce faire, une version légèrement modifiée de l’amendement a été élaborée, promettant d’exempter les « organisations à but non lucratif » – les prêtres et les pasteurs, notamment – de l’obligation de célébrer les mariages entre personnes de même sexe. Un stratagème vite dénoncé par l’épiscopat américain.

Le cardinal Timothy Dolan n’a pas tardé à monter au créneau : « Cette “protection” ne résout pas ce qui est au cœur du problème, à savoir que les fidèles, avec ce nouvel amendement, sont obligés de se rendre aux intérêts de l’Etat en reconnaissant les mariages de même sexe. »

Et l’archevêque de New York, également porte-parole de la Commission pour la liberté religieuse de l’épiscopat, de prévenir : « les pâtissiers, les organismes religieux qui travaillent au placement ou à l’adoption d’enfants, les agences immobilières confessionnelles, seront tous davantage exposés à être discriminés dans leur foi, en vertu du nouvel amendement ».

Et le haut prélat de conclure en évoquant la position de l’Eglise, dont la doctrine « défendra toujours le sens unique du mariage en tant qu’union exclusive à vie d’un homme et d’une femme. Ce faisant, nous sommes rejoints par des millions d’Américains, sincères et éclairés, qu’ils soient pratiquants ou non, et qui partagent cette intelligence de la vérité et de la beauté du mariage ».

Comme on pouvait s’y attendre, le Respect for Marriage Act a recueilli la majorité des suffrages des sénateurs, avec le ralliement de douze républicains, le 29 novembre 2022.

Si les deux chambres de l’organe législatif américain, réunies en Congrès avant 2023 – car le temps joue contre les démocrates qui n’auront plus la majorité dans les deux chambres à cette date – se mettent d’accord sur un même texte de l’amendement, le président américain aura les mains libres pour inscrire le « mariage pour tous » dans le marbre de la loi.

A moins que les voix courageuses de l’épiscopat américain ne ramènent un nombre suffisant de parlementaires à la raison…