Etats-Unis : les Américains ne croient plus en la Présence réelle à la messe

13 Août, 2019
Provenance: fsspx.news

Deux tiers des catholiques américains ne croient plus en la présence réelle : c’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Pew Research Center le 5 août 2019. Un constat cinglant qui met en relief la solution de continuité dans la transmission de la foi au cœur d’un Occident sécularisé.

Lorsqu’on les interroge sur le dogme de la transsubstantiation, dogme catholique au cœur du sacrifice de la messe, 69% des catholiques américains disent ne pas y adhérer, voyant davantage les saintes espèces après la consécration comme des « symboles du corps et du sang du Christ ». 

Le nombre de catholiques qui croient en la présence réelle augmente certes en proportion du degré de pratique religieuse, mais pas autant qu’on pourrait s’y attendre : ainsi, parmi ceux qui assistent au moins une fois par semaine à la messe, 37% d’entre eux n’adhèrent pas à ce dogme fondamental de la foi catholique, et confessent au contraire une conception protestante de l’Eucharistie. 

L’étude met enfin le doigt sur l’épineuse question de la transmission de la foi et de la Tradition, puisque plus les personnes interrogées sont jeunes, moins elles croient que le pain et le vin deviennent, à la messe, le Corps et le Sang du Christ, la victime ou hostie parfaite offerte en rémission de nos péchés. 

Un signal d’alarme pour toute l’Eglise 

L’enquête du Pew Research est à prendre au sérieux : près de 11 000 réponses issues d’échantillons représentatifs de la société américaine ont ainsi été traitées et pondérées. Mgr Robert Barron, évêque auxiliaire de Los Angeles ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Le prélat a réagi dès le 6 août 2019 : « il est difficile d’exprimer la colère que je ressens après avoir lu la dernière étude du Pew Research (…). C’est un signal d’alarme pour toute l’Eglise ». 

Puis, dans un vidéogramme, Mgr Barron a commenté cette rupture dans la transmission de la foi par ces mots : « nous sommes tous coupables, c’est l’échec de toute l’Eglise à rendre compte de sa propre Tradition ». 

Le constat est lucide : puisse-t-il aboutir à un examen non moins courageux des causes qui ont provoqué un tel obscurcissement des vérités de foi les plus élémentaires : l’Eglise, lorsqu’elle se sécularise, et que sa liturgie célèbre davantage l’homme que son Créateur et Rédempteur, n’est plus en mesure de transmettre le dépôt de la foi, et par conséquent l’Evangile du Christ. C’est à raison que Mgr Marcel Lefebvre dénonçait la protestantisation à l’œuvre à travers la réforme liturgique du pape Paul VI, dont la proximité avec la “messe de Luther” fait perdre la foi.  

Humilité, clairvoyance et conversion sont sûrement les axes principaux pour que l’Eglise se réapproprie pleinement les richesses de sa Tradition.