Etats-Unis : les évêques décident de rédiger un document sur l’Eucharistie

23 Juin, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Siège de la Conférence épiscopale des Etats-Unis

L’épiscopat américain a voté à une nette majorité en faveur de la rédaction d’un document sur l’Eucharistie. La troisième partie de ce document pourrait énoncer des normes permettant de refuser, le cas échéant, la communion sacramentelle aux personnalités politiques catholiques soutenant des positions contraires à celles de l’Eglise.

Le mois traditionnellement dédié au Sacré-Cœur aura été riche en événements dans la vie de l’Eglise outre-Atlantique : le 17 juin, la Cour suprême a statué à l’unanimité que les services sociaux catholiques (CSS) de Philadelphie, avaient le droit de refuser le placement d’enfants dans des familles d’accueil  homosexuelles.

Une décision qui n’a pas manqué de créer un tollé dans la presse progressiste, le New York Times évoquant un « revers pour les droits des homosexuels », et déplorant que « les groupes de pressions religieux (aient) presque toujours le dernier mot, dans la configuration actuelle de la Cour ».

Autre événement : le 18 juin, le vote nettement majoritaire de l’épiscopat américain en faveur de la rédaction d’un document controversé sur l’Eucharistie, qui pourrait aboutir à refuser la communion sacramentelle aux personnalités politiques soutenant ouvertement l’avortement.

Les plus en vue sont l’actuel président américain Joe Biden, et le Speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, deux catholiques acquis aux idées progressistes.

Le Saint-Siège, par la voix du cardinal Luis Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) était intervenu dans le débat il y a quelques semaines, cherchant à dissuader la Conférence des évêques des Etats-Unis (USCCB) de publier un document considéré comme clivant.

Malgré cela, les prélats de l’USCCB ont voté à 73% en faveur de la rédaction du texte : pour le New York Times, c’est bien la preuve que le « catholicisme américain est de plus en plus en désaccord avec le pape François ».

Interrogé quelques heures après le vote de l’USCCB, sur un document qui pourrait le priver de communion, le chef de l’exécutif américain a préféré relativiser : « c’est une question qui concerne la vie privée, et je ne pense pas que cela arrive », a-t-il précisé.

Immédiatement après le vote, une soixantaine de députés catholiques démocrates du Congrès ont protesté à l’endroit de la conférence épiscopale, accusée d’instrumentaliser l’Eucharistie comme une arme politique, portant ainsi atteinte «  à ce qu’il y a de plus sacré dans les sacrements  ».

Les regards sont désormais tournés vers le Saint-Siège : fin juin, le secrétaire d’Etat Anthony Blinken a prévu de se rendre à Rome, où plusieurs entretiens sont programmés avec les plus hauts diplomates du Vatican.

Bien que l'ordre du jour soit la politique étrangère, et non la situation canonique du président américain, les observateurs ne manqueront pas de noter quel accueil Blinken recevra oltretevere.

De plus, le président démocrate est sur le point de nommer le nouvel ambassadeur au Vatican : une nomination qui sera scrutée de près outre-Atlantique.

Enfin, à la fin du mois d’octobre 2021, le sommet du G-20 doit amener Joe Biden à Rome : ce dernier ne manquera pas alors d’effectuer, comme le veut l’usage, une visite de courtoisie au souverain pontife.

Une entrevue qui – hasard du calendrier ? – devrait avoir lieu juste avant le vote ultime de l’épiscopat américain sur le futur document eucharistique…