Fête de Sainte Thérèse d’Avila

15 Octobre, 2020
Provenance: fsspx.news
La vision de sainte Thérèse d’Avila par Rubens

L’Eglise résume ainsi la vie de sainte Thérèse dans le bréviaire.

La vierge Thérèse naquit à Avila en Espagne, de parents illustres par leur piété comme par leur noblesse. Nourrie par eux du lait de la crainte du Seigneur, elle fournit dès le plus jeune âge un indice admirable de sa sainteté future. Comme, en effet, elle lisait les actes des saints Martyrs, le feu du Saint-Esprit embrasa son âme au point que, s’étant échappée de la maison paternelle, elle voulait gagner l’Afrique afin d’y donner sa vie pour la gloire de Jésus-Christ et le salut des âmes. Ramenée par un de ses oncles, elle chercha dans l’exercice de l’aumône et autres œuvres pies une compensation à son désir ardent du martyre ; mais ses larmes ne cessaient plus, de s’être vu enlever la meilleure part.

A la mort de sa mère, la bienheureuse Vierge, suppliée par Thérèse de lui en tenir lieu, exauça le désir de son cœur ; toujours dès lors elle éprouva comme sa vraie fille la protection de la Mère de Dieu. Elle entra, dans sa vingtième année, chez les religieuses de Sainte-Marie du Mont Carmel ; dix-huit années durant, sous le faix de graves maladies et d’épreuves de toutes sortes, elle y soutint dans la foi les combats de la pénitence, sans ressentir le réconfort d’aucune de ces consolations du ciel dont l’abondance est, sur terre même, l’habituel partage de la sainteté.

Ses vertus étaient angéliques ; le zèle de sa charité la poussait à travailler au salut, non d’elle seule, mais de tous. Ce fut ainsi que, sous l’inspiration de Dieu et avec l’approbation de Pie IV, elle entreprit de ramener la règle du Carmel à sa sévérité première, en s’adressant d'abord aux femmes, aux hommes ensuite. Entreprise sur laquelle resplendit la bénédiction toute-puissante du Dieu de bonté ; car, dans sa pauvreté, dénuée de tout secours humain, bien plus, presque toujours malgré l’hostilité des puissants, l’humble vierge put édifier jusqu’à trente-deux monastères.

Ses larmes coulaient sans trêve à la pensée des ténèbres où infidèles et hérétiques étaient plongés ; et dans le but d’apaiser la divine colère qu’ils avaient encourue, elle offrait à Dieu pour leur salut les tortures qu’elle s’imposait dans sa chair. Tel était l’incendie d’amour divin dont brûlait son cœur, qu’elle mérita de voir un Ange transpercer ce cœur en sa poitrine d’un dard enflammé, et qu’elle entendit le Christ, prenant sa main droite en la sienne, lui adresser ces mots : « C’est à titre d’épouse que désormais tu prendras soin de mon honneur. » Par son conseil, elle émit le difficile vœu de faire toujours ce qui lui semblerait le plus parfait. Elle a laissé beaucoup d’ouvrages remplis d’une sagesse céleste ; en les lisant, l’âme fidèle se sent grandement excitée au désir de l’éternelle patrie.

Tandis qu’elle ne donnait que des exemples de vertus, telle était l’ardeur du désir qui la pressait de châtier son corps, qu’en dépit des maladies dont elle se voyait affligée, elle joignait à l’usage du cilice et des chaînes de fer celui de se flageller souvent avec des orties ou de dures disciplines, quelquefois de se rouler parmi les épines. Sa parole habituelle était : Seigneur, ou souffrir, ou mourir ; car cette vie qui prolongeait son exil loin de la patrie éternelle et de la vie sans fin, lui paraissait la pire des morts.

Elle possédait le don de prophétie ; et si grande était la prodigalité du Seigneur à l’enrichir de ses dons gratuits, que souvent elle le suppliait à grands cris de modérer ses bienfaits, de ne point perdre de vue si promptement la mémoire de ses fautes. Aussi fût-ce moins de maladie que de l’irrésistible ardeur de son amour pour Dieu qu’elle mourut à Albe, au jour prédit par elle, munie des sacrements de l’Eglise, et après avoir exhorté ses disciples à la paix, à la charité, à l’observance régulière.

Ce fut sous la forme d’une colombe qu’elle rendit son âme très pure à Dieu, âgée de soixante-sept ans, l’an mil cinq cent quatre-vingt-deux, le 4 octobre (1). On vit Jésus-Christ assister, entouré des phalanges angéliques, à cette mort ; un arbre desséché, voisin de la cellule mortuaire, se couvrit de fleurs au moment même qu’elle arriva.

Le corps de Thérèse, demeuré jusqu’à ce jour sans corruption et imprégné d’une liqueur parfumée, est l’objet de la vénération des fidèles. Les miracles qu’elle opérait durant sa vie continuèrent après sa mort, et Grégoire XV la mit au nombre des Saints.

(1) Grégoire XIII avait arrêté que, pour opérer la réforme du calendrier grégorien qui n’était plus exact, on supprimerait dix jours de l’année 1582, et que le lendemain du 4 octobre s’appellerait le 15 du même mois. Ce fut dans cette nuit historique du 4 au 15 que mourut sainte Thérèse.