Finances du Vatican : le pape resserre les boulons

05 Janvier, 2021
Provenance: fsspx.news
La tour Saint-Jean, siège du secrétariat à l’économie

Dans une lettre en forme de motu proprio – le dernier de l’année 2020 – le pape François ôte officiellement à la secrétairerie d’Etat la gestion de ses fonds, et renforce les contrôles sur les finances du Vatican, après le scandale de l’achat d’un immeuble de luxe à Londres, ayant impliqué certains parmi les plus hauts fonctionnaires du Saint-Siège.

Par le motu proprio signé le 26 décembre 2020, le successeur de Pierre inscrit dans le marbre de la loi ce qu’il avait évoqué dans sa lettre du 25 août dernier au cardinal secrétaire d’Etat, Pietro Parolin, sur le transfert de la gestion administrative des fonds et des biens de la secrétairerie d’Etat, à l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa).

C’est l’occasion pour le pape François de centraliser la gestion des finances vaticanes autour d’un personnel plus restreint. Dans cette perspective, le secrétariat pour l’Economie voit son rôle renforcé, se voyant augmenté du titre de « secrétariat pontifical pour les questions économiques et financières ».

De plus, le Saint-Siège renforce également les contrôles spécifiques sur certains organismes qui lui sont liés, et qui gèrent les comptes et les fonds provenant des dons.

Ainsi, le motu proprio établit un plus grand contrôle et une meilleure visibilité du Denier de Saint-Pierre, qui supervise les collectes alimentant les œuvres de bienfaisance du Saint-Siège : un organisme pointé du doigt lors des scandales financiers révélés par la presse en 2020.

Le « trésor » du Denier, dont la gestion était auparavant confiée au substitut de la secrétairerie d’Etat, sera désormais géré par l’Apsa : une façon de rassurer les donateurs.

En d’autres termes, toutes les entités économiques et financières – y compris celles qui étaient jusqu’ici gérées par la secrétairerie d’Etat – « sont soumises au contrôle, à la supervision et à la direction du secrétariat pour l’Economie », à la seule exception des entités pour lesquelles le Saint-Père a expressément prévu le contraire.

Surtout, par le biais de ce nouveau décret, le Saint-Père redimensionne les fonctions du bureau administratif de la secrétairerie d’Etat, qui n’aura plus à gérer le moindre euro, si ce n’est dans le cadre des « ressources humaines nécessaires pour mener à bien les activités relatives à son administration interne, à la préparation de son budget et de son solde final et aux autres fonctions non administratives exercées jusqu’à présent ».

Avec ces nouvelles dispositions frappant la Terza Loggia – expression qui désigne l’étage du palais apostolique où la secrétairerie d’Etat a son siège – la boucle semble presque bouclée, et les réformes à peu près achevées. Mais les procès internes sont loin d’être terminés.